Londres 1948, les femmes et l’après-guerre

40 ans après ses premiers Jeux Olympiques, Londres a, une nouvelle fois, le privilège d’organiser les Jeux. Les premiers Jeux après la 2e Guerre Mondiale. Les premiers Jeux après les « inoubliables » Jeux de Berlin en 1936.

Des Jeux étaient prévus en 1940 et en 1944 mais ils ont naturellement été annulés.
C’est donc en 1946, soit un an après la fin de la guerre et seulement deux ans avant la prochaine année bissextile synonyme de JO, que Londres est choisie. À l’unanimité, sans vote. Beau plébiscite mais cadeau empoisonné. Nombreux sont ceux qui se dressent contre cet événement alors que la capitale anglaise a énormément souffert de la guerre, est toujours en pleine reconstruction et que ses habitants sont toujours rationnés. Pour les autres, c’est justement pour cela que Londres doit organiser ces JO : pour avancer, pour tourner la page, pour que le sport prenne la place de la guerre, pour que le sport réunisse une nouvelle fois le monde entier.

Et c’est ce qui va se passer. Ces JO sont les premiers retransmis à la télévision.
Une quinzaine de nouveaux pays participants viennent concourir. Le monde s’élargit
(59 pays participent en 1948) et il ne cessera plus de grandir autour de cet événement.

Et s’il faut retenir deux noms parmi toute la foule de sportifs présents, ce seront deux femmes, deux championnes incroyables, deux héroïnes aux talents multiples.

La première est néerlandaise. C’est la reine de ces JO. Elle s’appelle Fanny Blankers-Koen. Elle est mère de deux enfants et a déjà 30 ans. Mauvais CV a priori. Pourtant, elle gagne le titre olympique dans 4 disciplines : 100 mètres, 200 mètres, 80 mètres haies (c’est aux JO de Munich en 1972 que la distance sera portée à 100 mètres) et 4×100 mètres. Et elle aurait certainement pu gagner d’autres médailles mais le règlement interdisait de participer à plus de 3 compétitions individuelles. Avec ses 4 médailles, la « ménagère volante » a montré qu’on pouvait être mère de famille, « vieille » et pourtant gagner.

Une autre femme exceptionnelle, la Française Micheline Ostermeyer, a, elle, remporté 3 médailles : l’or en lancer du poids et lancer du disque (elle devient ainsi la première athlète française championne olympique) et le bronze en saut en hauteur. Et parce qu’un talent ne suffisait pas, Micheline Ostermeyer est également pianiste virtuose. Juste après avoir gagné le concours du poids, elle donne même un concert ! Mélange de genres a priori très différents : le piano, considéré comme élégant et distingué, et la pratique sportive, perçue comme une activité populaire. Une trajectoire remarquable pour une femme qui a su pousser chacune de ses passions à leur apogée.

Deux femmes au panthéon de l’olympisme. Mais elles n’étaient pas seules.
Durant ces JO de 1948, quelques hommes ont tout de même fait parler d’eux aussi :
La « locomotive tchèque » Emil Zatopek en course de fond (1er du 10 000 mètres et 2e du 5000 mètres pour sa première participation aux Jeux et avant l’apogée de sa carrière aux JO d’Helsinki en 1952) ou l’Américain Bob Mathias en décathlon (discipline qu’il avait découverte 4 mois plus tôt – ! – et qui le fait devenir plus jeune champion olympique d’athlétisme).

Que nous reste-t-il de ces JO de 1948 ? Quelques avancées technologiques comme la retransmission télévisée ou les starting blocks, des exploits de sportifs de légende et, surtout, surtout, cette certitude que la vie avait repris le dessus sur la guerre. 4 ans plus tard, l’Allemagne était réintégrée aux JO (alors qu’elle avait été exclue pendant
deux Jeux après la 1re Guerre Mondiale).
La paix sportive était en marche.

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