Une cérémonie d’ouverture en forme d’assiette anglaise pop et drôle

Le coup d’envoi officiel des JO de 2012 a été donné hier avec une cérémonie d’ouverture orchestrée par Danny Boyle. Si la cérémonie était plus « humble » que celle, totalement hallucinante, de Pékin il y a 4 ans, elle n’en a pas moins marqué les esprits. Décalée, inventive, drôle, émouvante, elle a mêlé tous les ingrédients de la culture britannique : ses grands champions, sa musique, ses chefs d’œuvre de la littérature, son histoire, sa reine, ses héros.

Parmi les dizaines de tableaux de la soirée, une armée de Mary Poppins tombées du ciel a combattu un gigantesque Lord Voldemort, James Bond (alias Daniel Craig) est allé chercher la vraie reine pour la faire arriver au stade, David Beckham, sourire aux lèvres et mèche parfaite, a vogué sur la Tamise avec la flamme olympique et Paul McCartney a joliment clôturé la soirée avec « Hey Jude ».

Quant au dernier porteur de la flamme, la seule surprise qu’il nous restait à découvrir réellement, il ne s’agissait finalement pas d’un seul sportif mais bien d’une nouveauté : les grands anciens (Steve Redgrave, Kelly Holmes et autres) ont, au sens propre et au sens figuré, transmis la flamme à la jeune génération britannique, qui a collectivement allumé un superbe bouquet.

La cérémonie d’ouverture donne toujours le ton des Jeux qui vont avoir lieu. Chaque pays y met en lumière ses forces et ses convictions. Petit retour sur quelques cérémonies célèbres.

En 1936 à Berlin, le régime nazi avait clairement fait comprendre au monde entier quelles étaient ses ambitions avec le défilé des Jeunesses hitlériennes, la musique de Wagner ou encore l’entrée du Führer sous le salut nazi de tout le public. Superbe cérémonie millimétrée, il faut en convenir, avec, pour la première fois, la flamme olympique qui entre dans le stade et allume la vasque olympique. Une cérémonie inoubliable, tant idéologiquement qu’esthétiquement. Quand l’olympisme permet le meilleur et le pire en même temps…

Les Américains sont les rois de l’entertainment et ils le prouvent à chaque fois qu’ils organisent des JO. A Los Angeles en 1984, en pleine guerre froide, l’homme volant a fait rêver les foules en mode « Retour vers le futur ». Et, en 1996, à Atlanta, c’est sur le registre de l’émotion que les USA ont marqué les esprits : dernier porteur de la flamme, le grand, l’immense, « The Greatest » Mohamed Ali (qui avait été champion olympique de boxe en 1960 à Rome dans la catégorie mi-lourds sous son nom de naissance Cassius Clay) a allumé la vasque olympique de sa main tremblante de malade de Parkinson. Quand les Etats-Unis font verser une larme à la terre entière…

En 2008, à Pékin, le gouvernement chinois a réussi son pari d’éblouir le monde avec un spectacle grandiose qui réunissait des milliers et des milliers de figurants, qui racontaient, via des tableaux humains sublimes de précision, de synchronisation et d’innovation, les 5000 ans de la civilisation chinoise. En même temps, il paraît qu’elle a coûté 100 millions de dollars, ce qui en fait la cérémonie la plus chère de l’histoire. Pour donner un point de comparaison, la cérémonie d’Athènes en 2004 en avait coûté la moitié. Celle de Londres aurait coûté environ 35 millions d’euros. Et les polémiques sur la cérémonie chinoise ont été nombreuses : le souci de faire pleuvoir (faire exploser les nuages) avant la cérémonie pour éviter qu’il ne pleuve pendant le spectacle, les images pré-enregistrées qui ont été ajoutées à la retransmission en direct pour que le brouillard de pollution n’obstrue pas l’image diffusée en mondovision, la petite fille qui chantait en playback (parce que la vraie petite chanteuse n’était pas assez jolie) ou encore les 56 enfants représentant toutes les ethnies chinoises et qui étaient en fait tous des Han. Londres 2012, avec son auto-dérision tellement britannique, devrait normalement échapper à ce genre de critique.

À demain pour entrer dans le cœur de l’action : les épreuves sportives !

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Une réflexion sur “Une cérémonie d’ouverture en forme d’assiette anglaise pop et drôle

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