La chute des géants

Les Jeux Olympiques viennent à peine de commencer et quelques champions ont déjà vu leurs rêves se briser. Le Britannique Mark Cavendish, l’immense favori en cyclisme sur route, n’est arrivé que 29e devant son public. Champion du monde en titre et meilleur sprinteur actuel, il était une des plus grandes chances de médaille d’or de la team GB.

Valentina Vezzali, 38 ans et porte-drapeau de l’équipe italienne, n’a pu remporter une 4ème médaille d’or d’affilée au fleuret après Sydney, Athènes et Pékin. Elle a tout de même obtenu le bronze et permis aux Italiennes de réaliser le triplé sur la discipline. Mais qu’est-ce que le bronze quand on a dominé cette discipline pendant aussi longtemps ?

Le plus grand choc du premier jour a été la défaite de Michael Phelps en 400m 4 nages. Michael, dit «le glouton du Michigan», est l’homme de tellement de records et de titres qu’il faudrait plusieurs paragraphes pour tout réciter. Il lui reste un seul record à battre, celui du nombre total de médailles remportées dans les JO. Il en a 16, le record est à 18 donc il va devoir gagner 3 médailles pour devenir le nouveau détenteur de cet énième record. Il aura d’autres occasions durant ces Jeux, certes, puisqu’il est inscrit sur 7 épreuves. Mais cette défaite samedi, cette 4e place un peu ridicule pour lui, après avoir failli tout simplement ne pas se qualifier pour la finale, a semé le doute dans les esprits. En est-il toujours capable ?

Mais ce qu’on oublie parfois, c’est que la défaite des uns fait la légende des autres. Oui, Cavendish a perdu. Mais c’est le phénix Alexandre Vinokourov, 38 ans, suspendu deux ans pour dopage en 2007 et victime d’une terrible blessure l’an dernier sur le Tour de France, qui a remporté le titre et annoncé qu’il prendrait sa retraite juste après les JO. Une résurrection en forme d’adieu comme la légende du sport les aime. Comme Goran Ivanisevic, revenu de blessure, très mal classé, titulaire d’une invitation et qui avait gagné à 30 ans son seul tournoi du Grand Chelem à Wimbledon en 2001.

Ce qu’on oublie aussi parfois, c’est que les challengers peuvent finir par gagner. Le faux départ de Bolt à Daegu avait permis à Yohan Blake de devenir champion du monde du 100 mètres. Et Blake a prouvé depuis cette fameuse finale qu’il avait vraiment la carrure d’un champion du monde. Hier, dans le bassin olympique, Ryan Lochte, jusque là deuxième au classement d’à peu près tous les records derrière son compatriote Michael l’intouchable, a confirmé sa forme actuelle (il avait notamment remporté les sélections US) et enfin capté la lumière.

 

Ce qu’on oublie parfois, c’est qu’une génération en remplace inévitablement une autre. Valentina Vezzali a ébloui le fleuret féminin pendant une décennie. C’est aujourd’hui au tour des plus jeunes. Comme Federer qui avait battu l’immense Sampras en huitièmes de finale à Wimbledon lors de leur unique rencontre en compétition, toujours lors de ce légendaire tournoi 2001, marquant ainsi le déclin de l’Américain et l’ascension fulgurante du Suisse.

C’est ça aussi, le sport. Des crépuscules de champions, quelques pincements au cœur, un peu de tristesse. Des souvenirs pour la vie.

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10 réflexions sur “La chute des géants

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