Du mauvais goût (relatif) des mascottes olympiques

Une mascotte olympique, c’est un personnage imaginaire créé par la ville organisatrice pour représenter l’esprit de ses Jeux. C’est une tradition qui existe depuis les JO d’hiver de 1968. Un exercice imposé auquel les Jeux d’été, d’hiver et les Jeux paralympiques se plient avec plus ou moins de bonheur.

Cette année, Londres a deux mascottes : Wenlock pour les JO et Mandeville pour les Jeux paralympiques. Leurs noms sont tout un symbole. Wenlock est tiré d’une ville, Much Wenlock, où avait été invité le Baron de Coubertin en 1890 pour assister à un festival précurseur des Jeux olympiques. Quant à Mandeville, il vient du village de Stoke Mandeville où eurent lieu, en 1948, les premiers « Jeux mondiaux des chaises roulantes et des amputés », ancêtres des Jeux paralympiques, qui verront le jour en 1960. Les noms sont parfaits. Qui plus est, ces mascottes représentent des gouttes d’acier qui ont servi à construire le stade olympique. Sur le papier, elles ont donc tout pour plaire : une belle histoire, une ascendance prestigieuse, un duo qui met autant en avant les Jeux paralympiques que les Jeux olympiques.

Mais quand elles ont été présentées au public en 2010, les réactions ont été pour le moins mitigées.  Elles ont un seul œil chacune, elles ressemblent à des aliens et elles portent une enseigne lumineuse de taxi sur la tête. Les comparaisons peu flatteuses ont été légion. Certains trouvant même qu’elles ressemblent à des pénis ! Et les détournements sur Internet n’ont rien fait pour arranger la crédibilité des mascottes. De la reine Victoria à David Cameron, chaque célébrité a eu droit à son visage remplacé par l’œil de cyclope d’une des mascottes.

En fait, Wenlock et Mandeville ne font que perpétuer une longue tradition de mascottes régulièrement assez laides mais toujours pleines de sens. Les mascottes d’Athènes en 2004, Athina et Phivos, ressemblaient à des monstres disproportionnés avec leurs pattes géantes et leurs têtes minuscules (elles étaient pourtant un rappel des poupées grecques antiques). Amik, le castor noir à la grande rayure rouge des Jeux de Montréal en 1976, ressemblait à un panneau de signalisation et l’aigle Sam à Los Angeles en 1984 avait un air de famille évident avec l’oncle Picsou. Quant au trio d’animaux australiens des JO de Sydney en 2000, Ollie, Syd et Millie, aux couleurs… spéciales, ils risquent d’avoir fait pleurer pas mal de petits enfants…

Heureusement, il y a tout de même eu quelques mascottes correctes (ce n’est qu’un avis, elles font certainement partie des listes des pires mascottes pour certains). Le tigre coréen à Séoul en 1988 était simple et sympathique. Mischa, l’ours de Moscou en 1980, était encore plus simple : un ours brun avec une ceinture d’anneaux olympiques autour de la taille. Certes, ce n’était pas très recherché mais ça avait le mérite de plaire à presque tout le monde. L’ours a d’ailleurs été la première mascotte à connaître une belle carrière commerciale (dessin animé, produits dérivés).

On se demande donc, en regardant les mascottes de Londres, si Rio ne devrait pas suivre les exemples du tigre et de l’ours et d’ores et déjà se choisir une mascotte mignonne et évidente pour 2016. La mascotte sera de toute façon critiquée, ça fait partie du rituel, alors pourquoi ne pas éviter d’aller chercher trop loin et faire des économies ?

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