Guerre et sport : quand la tragédie mène à l’exploit sportif

Derrière chaque sportif paralympique se cache une histoire. Certains sont nés avec un handicap ou en ont été atteints très jeunes. Pour d’autres, c’est un événement qui a fait basculer leur vie. Un accident, un attentat ou une guerre. Et c’est souvent grâce au sport qu’ils ont retrouvé le goût de vivre, le goût de se dépasser. Voici quelques portraits de survivants rwandais, iraniens et britanniques.

Nous avons déjà parlé de Martine Wright. Cette Britannique, qui a aujourd’hui 40 ans, s’était levée un peu tard ce 7 juillet 2005. Et pour cause : elle avait fêté avec ses amis l’attribution des JO 2012 à Londres. Soirée bien arrosée. Réveil tardif. Elle prend donc le train suivant. Et se retrouve dans le wagon de l’un des terroristes. Dix jours de coma, dix mois d’hospitalisation, deux jambes perdues. Martine Wright se met au sport. Et, après plusieurs tentatives, c’est finalement le volleyball assis qui lui plaît. Elle est aujourd’hui membre de l’équipe britannique paralympique.

L’histoire de Derek Derenalagi est tout aussi bouleversante. Ce soldat, britannique d’origine fidjienne, part combattre en Afghanistan. En 2007, il saute sur une mine. On le croit mort et il est même placé dans un sac mortuaire. Au dernier moment, un infirmier comprend qu’il est toujours vivant, malgré son pouls très faible. Amputé des deux jambes et alité, il suit les JO de Pékin avec passion. Il n’a plus qu’un seul objectif en ligne de mire : les Jeux paralympiques de 2012 à Londres. Il est aujourd’hui champion d’Europe de lancer du disque.

La délégation rwandaise, elle, est un des symboles de la paix retrouvée d’un pays où Hutus et Tutsis participent désormais ensemble aux compétitions alors qu’un génocide y faisait rage en 1994. Plusieurs sportifs paralympiques gardent dans leur chair les traces de cette haine passée. Au sein de l’équipe de volley, par exemple, où Jean le Hutu a perdu une jambe en sautant sur une mine et son ami Dominique le Tutsi a perdu sa jambe gauche en combattant pour le Front Patriotique Rwandais. Ils sont tous les deux présents à Londres pour défendre leur drapeau.

Toujours à propos du volleyball, la nation qui domine la discipline chez les hommes depuis une vingtaine d’années est l’Iran. Systématiquement médaillée d’or depuis sa première participation aux Jeux paralympiques en 1988 (sauf à Athènes en 2004 où elle ne gagna que l’argent), l’équipe iranienne est le Brésil ou le Barça du volleyball assis. L’une des raisons en est que de nombreux vétérans blessés de la guerre Iran-Irak (1980-1988), qui a laissé 400 000 jeunes hommes handicapés, se sont tournés vers le volley à leur retour du front, jusqu’à en faire le handisport-roi en Iran. Si les membres de l’actuelle équipe de volleyball suivent cette tradition d’excellence mais n’ont pas été personnellement sur le front (ils ont tous entre 24 et 39 ans), le porte-drapeau de la délégation, le lanceur de javelot et de disque Abdolreza Jokar, lui, a fait la guerre. Il en est revenu sur chaise roulante. À 42 ans, il a déjà gagné quatre médailles paralympiques dans sa carrière.

64 ans après les premiers Jeux de Stoke Mandeville, les Jeux paralympiques de Londres n’ont visiblement rien perdu de leur rôle de réhabilitation par le sport. À demain pour un sujet qui n’a rien à voir : la triche aux Jeux paralympiques. Et vous verrez que c’est très différent des JO !

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3 réflexions sur “Guerre et sport : quand la tragédie mène à l’exploit sportif

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