Tricher n’est pas jouer

Si vos faites partie de ces gens qui pensent qu’on ne triche que quand on est valide, sachez que ce cliché – comme beaucoup d’autres, en ce qui concerne le handisport – est faux. Les handicapés trichent aussi et de façon parfois très créative.

Il y a évidemment la méthode classique, partagée par tous les sportifs quelle que soit leur condition physique : le dopage. Un cycliste italien a ainsi été interdit de participer aux Jeux paralympiques cette année parce qu’il avait consulté un médecin connu pour ses prescriptions illégales. Un nageur français a, lui, été contrôlé positif à un diurétique et également exclu. Les agences antidopage surveillent les athlètes handicapés, même si les contrôles sont tout de même moins réguliers.

Il y a, ensuite, deux méthodes propres aux handicapés. La première : réussir à faire croire que vous êtes handicapé alors que vous ne l’êtes pas et ce, malgré les contrôles. Nous avons déjà évoqué le cas de l’équipe espagnole de basket pour handicapés mentaux, vainqueur de la finale, qui avait été exclue en 2000 quand on a découvert que dix joueurs de l’équipe ne répondaient pas aux critères requis de handicap pour participer à la compétition. Ils n’avaient tout simplement pas passé les tests de QI. Ce scandale avait permis de remettre en question les contrôles pour tous les handisports avec des handicapés mentaux. Autre mensonge célèbre : une skieuse de fond russe avait levé les bras en voyant son nom apparaître en premier sur le tableau d’affichage aux Jeux paralympiques d’hiver de Turin en 2006. Le souci était qu’elle était censée être aveugle… Autre cas d’usurpation de handicap : une cycliste handisport néerlandaise, Monique van der Vorst, double médaillée à Pékin, a dû reconnaître qu’elle n’avait pas guéri miraculeusement en 2010 mais qu’elle avait toujours pu marcher, malgré treize années passées sur une chaise roulante…

La seconde technique de tricherie spécifiquement utilisée par les sportifs handicapés est le « boosting ». Cette méthode, qui veut dire « stimulation » en anglais, est interdite depuis 1994. Elle consiste à se faire mal pour faire grimper la pression artérielle et le rythme cardiaque. Pourquoi ? Parce que la pression artérielle des personnes touchées à la moelle épinière est souvent basse et qu’elle n’augmente pas avec l’effort. Or, la pression sanguine et le rythme cardiaque jouent un rôle important dans la performance physique. Certains sportifs vont donc chercher à se stimuler violemment pour améliorer leurs performances (jusqu’à 15%, paraît-il). Se faire mal comment ? Cela va de se retenir d’aller aux toilettes jusqu’à se casser un orteil ou se tordre les testicules. D’après les sportifs ayant testé la méthode, cela fonctionne réellement. Ils ont ainsi pu porter des poids plus lourds ou avoir plus d’endurance à vélo. Mais l’accident (vasculaire cérébral, par exemple) n’est jamais loin. Et, malgré les contrôles, il semblerait qu’il faille attendre un drame pour faire comprendre à tous les risques encourus. Ce qui n’a évidemment jamais empêché personne de tricher…

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3 réflexions sur “Tricher n’est pas jouer

  1. La russe « aveugle » qui lève les bras en voyant son nom affiché… c’est quand même trop fort.
    (On aime apprendre des choses et voir de beaux dessins ; bravo les blogueuses, continuez, go go go !)

  2. Pingback: Les Jeux paralympiques d’hiver en 5 minutes | Onion Rings 2012

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