C’est un aveugle et un paraplégique qui entrent dans un bar…

Si les médias suivent pour la première fois d’assez près les Jeux paralympiques, cela n’empêche pas les dérapages, les gaffes et les moments de solitude. Loin de là ! Très désobligeantes ou assez inoffensives, voici un petit florilège de gaffes célèbres.

On se souviendra longtemps de Barack Obama sur le plateau de Jay Leno en 2009. Il y avait fait une blague totalement douteuse sur son niveau médiocre au bowling en précisant qu’il était « comme aux Jeux paralympiques ». Dès la fin de l’enregistrement de l’émission, c’était branle-bas de combat pour son équipe, qui a immédiatement compris l’importance de la gaffe et a donc tout fait pour désamorcer la situation. Après des excuses via ses porte-paroles et en personne par téléphone au président des Jeux olympiques spéciaux (regroupant les déficients intellectuels), le président américain a même invité des athlètes handicapés à la Maison Blanche pour une partie de bowling.

Il y a quelques jours, Patrick Montel, journaliste sportif de France Télévisions, s’est certainement senti seul au monde après avoir interviewé la judokate malvoyante Sandrine Martinet. Pour aborder le sujet de la blessure à la cheville de la sportive, il a tenté un malheureux « Vous êtes maintenant, en plus d’être malvoyante, condamnée à être sur un fauteuil »… Une phrase qui se voulait compatissante et qui a été perçue comme totalement inappropriée. Par la sportive elle-même (il suffit de regarder sa tête durant l’interview) et par les médias et les internautes qui se sont très vite amusés à relayer la bourde montelienne.

« Le Petit Journal » de Yann Barthès sur Canal+ en a d’ailleurs profité pour recenser quelques expressions malheureuses des commentateurs durant ces Jeux paralympiques. Il faut dire que la langue française est particulièrement imagée… Des Chinoises sur chaise roulante qui démarrent sur les « chapeaux de roues », un des joueurs aveugles de l’équipe de cécifoot qui est présenté comme « le plus en vue » ou encore un tournoi de volley assis qui est « très relevé ». Drôle et maladroit mais pas bien méchant.

Heureusement, l’indélicatesse n’est pas uniquement réservée aux sportifs handicapés. À force de multiplier les longs directs et de devoir capter perpétuellement l’attention d’un public potentiellement volatil, c’est même devenu totalement universel chez les journalistes de télévision. Aux JO à Londres au début du mois d’août, Nelson Monfort avait, par exemple, remué le couteau dans la plaie d’une nageuse française, qui avait perdu sa mère quelque temps plus tôt, en insistant lourdement sur le fait qu’elle lui dédiait certainement sa médaille. Malaise.

À force de chercher le bon mot ou à faire naître par tous les moyens l’émotion, les personnalités publiques dépassent parfois les limites. Pour notre plus grande hilarité, souvent. Pour notre plus grande consternation, parfois.

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