Une descente aux enfers (bien trop) tardive

Durant l’été, nous avions publié un article intitulé « La chute des géants » dans lequel nous parlions des défaites des grands champions, des tournants dans les carrières, des passages de relais entre générations. S’il y a bien un événement récent qui incarne dans toute sa violence la chute d’un géant du sport, c’est l’affaire Armstrong.

Armstrong a tout perdu. De ses 7 titres de vainqueur du Tour de France à son honneur en passant par ses nombreux contrats publicitaires, rien ne lui est en ce moment épargné. L’avance qu’ont toujours les dopés sur leurs poursuivants et la loi du silence du peloton ont permis de créer le monstre Armstrong, un monstre dont la partie la plus médiatique est la star américaine mais un monstre qui regroupe certainement une bonne partie du cyclisme professionnel.

La chute d’Armstrong est terrible, aussi terrible qu’est la désillusion d’un enfant regardant le Tour de France à la télévision et ne comprenant pas pourquoi ses héros sont déchus année après année.

Mais la chute d’Armstrong laisse aussi un goût amer. Parce qu’on a toujours su qu’il était dopé, dès son premier Tour de France, et parce qu’on l’a bien voulu. Lui, le miraculé, inventait une nouvelle image du champion. Un héros revenu de parmi les presque morts, revenu bien plus fort et bien plus déterminé.

Armstrong a aussi permis au cyclisme de devenir un sport médiatique majeur. Les Américains se sont passionnés pour Armstrong et son équipe US Postal. Un temps fiancé à la chanteuse Sheryl Crow, Lance était le roi dans la danse. Une rock star aux pays des vélos.

Armstrong était dopé. Oui, et alors ? On est en 2012. Il aurait fallu pouvoir nous le dire il y a plus de dix ans. Aujourd’hui, c’est trop tard. Pas pour connaître la vérité mais pour qu’elle ait une valeur, un sens, une logique.

Pour terminer sur une pointe d’enthousiasme, le parcours du Tour de France 2013 a été révélé il y a quelques jours. La Grande Boucle s’élancera de Corse pour la première fois de son histoire. Trois étapes sur l’Ile de Beauté avant de rejoindre le continent. Un tracé original qui montre que le Tour se réinvente à chaque fois. Et s’il y aura encore des cas de dopage, évidemment, ce n’est pas pour autant qu’on ne vibrera pas, comme chaque année. L’être humain, le fan de sport en tout cas, est ainsi fait : mi-cynique/blasé/désabusé/revenu de tout, mi-rêveur/naïf/candide/simple(t).

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3 réflexions sur “Une descente aux enfers (bien trop) tardive

  1. Pingback: Bref éloge du Tour de France | Onion Rings 2012

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