Le deuxième souffle

La nouvelle est tombée il y a quelques jours déjà : Onion Rings est deuxième du classement final des Golden Blog Awards 2012 dans la catégorie Sport, après avoir été deuxième du vote du public. Un très beau résultat pour notre bébé blog. Mais un résultat un peu agaçant, malgré tout. « Le blog est jeune, il aura sa vraie chance l’an prochain », « Les vainqueurs de cette année avaient fini deuxièmes l’an dernier »… Oui, oui, oui… Tout cela est très juste mais quand même. On a beau dire, gagner, c’est autre chose 😉 Merci à tous ceux qui ont voté pour nous. Le nombre de votes du public pour notre blog a été totalement renversant : 4541 ! Le jury a visiblement apprécié aussi. La soirée à l’Hôtel de Ville était très agréable également. On y a croisé Paul Martin, l’heureux vainqueur de la catégorie Culture généraliste avec son incroyable blog l’Hippopotable. On y a aussi rencontré un des très sympathiques blogueurs concurrents de Superrugbynews, un blog de vrais passionnés de rugby auquel Marielle et moi prédisons un bel avenir. Toute cette énergie nous a donné envie de nous y remettre aussitôt. Voici donc le premier post de l’ère AGBA (après les Golden Blog Awards).

GBA_trophees_2012

Quel sujet choisir pour reprendre après cette longue campagne ? Chez Onion Rings, on a de l’humour et on n’est pas superstitieuses (enfin, seulement en ce qui concerne passer le sel à quelqu’un à la main). Alors, on a décidé de vous parler des éternels seconds du sport. Ces sportifs d’exception qui n’ont pas eu de chance. Certains parce qu’ils ont eu le malheur d’être de la même génération qu’un autre sportif encore plus exceptionnel qu’eux, d’autres parce qu’ils ont accumulé les petites défaillances et les coups du sort.

Le plus connu de tous, le coureur cycliste Raymond Poulidor, a obtenu le surnom d’ « Éternel second » en ne gagnant jamais le Tour de France et en ne portant jamais le maillot jaune. Perpétuellement derrière Anquetil puis derrière Merckx dans la Grande Boucle, il a pourtant fait une carrière extraordinaire (avec, entre autres, huit podiums du Tour, le record) et bénéficié d’une popularité (« poupoularité » comme on disait) hors norme dans la France dans années 1960 et 1970.

Raymond Poulido

Chez les femmes aussi, il y a des figures inoubliables de stars maudites. Des sportives majeures dans leur discipline qui ont toujours raté la victoire la plus prestigieuse. En patinage artistique, c’est la Française Surya Bonaly (aujourd’hui naturalisée américaine), qui détient ce triste titre. Malgré un palmarès long comme une page Wikipédia, elle n’a jamais gagné aux Jeux olympiques d’hiver, ni même obtenu de médaille. Elle n’a jamais non plus gagné de championnat du monde, se classant trois fois d’affilée deuxième entre 1993 et 1995. Chacun de ces championnats du monde a été gagné par une patineuse différente. La preuve que Surya n’a pas été vaincue par une rivale meilleure mais par une accumulation de malchance dans les moments cruciaux de sa carrière. Vaincue par elle-même en quelque sorte.

Autre figure maudite du sport féminin, la très impressionnante Merlene Ottey (qui continue sa carrière à plus de 50 ans, comme on vous l’a raconté sur le blog cet été) a été surnommée « la Reine de bronze » sur le circuit. Elle n’a gagné sa première médaille d’or aux championnats du monde d’athlétisme qu’à l’âge de 31 ans, autant dire à un âge canonique en athlétisme, et c’était en relais. C’est finalement à 33 ans, autant dire à un âge postcanonique, aux Mondiaux de Stuttgart en 1993, qu’elle remporta enfin sa première médaille d’or en individuel. Des années d’attente qui en ont peu à peu fait la chouchoute dans le cœur du public.

Thierry Henry, lui, n’est pas un éternel second au sens premier du terme puisque son sport est collectif et qu’il a gagné quelques titres majeurs que la plupart des footballeurs du monde entier se damneraient pour accrocher à leur tableau de chasse (champion du monde en 1998 et champion d’Europe en 2000). Mais il n’a jamais gagné le Ballon d’or. La récompense ultime du meilleur joueur de l’année ne lui est jamais revenue. Deuxième en 2003, il a toujours été parmi les dix premiers du classement entre 2000 et 2006. Une régularité exceptionnelle, qui lui fait une belle jambe…

Alain_Mimoun_J.OMais, parce que certaines malédictions ont une fin, voici deux exemples de champions qui ont fini par vaincre le signe indien. Et vous allez voir qu’il n’y a vraiment aucune honte à s’en inspirer. Le premier est un Français, le coureur de fond Alain Mimoun. Athlète fantastique, il a eu le malheur d’être de la même génération que la « locomotive tchèque », Emil Zatopek. Aux JO de 1948 et 1952, Mimoun finit trois fois deuxième derrière son ami tchèque. Mais, le 1er décembre 1956 (les Jeux olympiques de Melbourne, les premiers dans l’hémisphère sud, se sont déroulés en novembre et décembre), Mimoun gagne le marathon. Zatopek est sixième. Ce sera leur dernière course l’un contre l’autre.

Autre victoire en guise de revanche sur le destin, celle de Roger Federer à Roland Garros en 2009. Après avoir couru derrière le seul titre qui manquait à son palmarès d’extraterrestre, le Suisse l’emporte enfin sur la terre battue parisienne. Evidemment, la victoire aurait été plus savoureuse s’il y avait vaincu son rival de toujours, le quasi-invincible de Roland Garros, Rafael Nadal. Mais Federer a battu en finale Robin Söderling, qui a lui-même vaincu Nadal en huitièmes de finale. Il n’allait pas faire la fine bouche tout de même…

Victoire de Roger Federer face à Robin Söderling à Roland Garros en 2009

Qu’ils soient des perdants magnifiques, des perdants qui gagnent enfin un jour ou des gagnants qui perdent lors des plus grands rendez-vous, tous ces sportifs sont entrés dans la légende. Parfois, la deuxième place apporte un brin d’humanité, bien plus appréciée par le public qu’une trop grande facilité. Parfois, la deuxième place est la meilleure des motivations, bien plus forte qu’une victoire trop rapide.

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10 réflexions sur “Le deuxième souffle

  1. Superbe mise en abîme !! Fingers crossed pour l’an prochain, j’espère vous compter parmi nous pour la 4ème édition des GBA !
    Je veux ma petite dose d’onion tous les jours ! Vivement le prochain article 🙂

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