« Marathon man » ou l’histoire sans paroles du coureur de fond

Lorsque nous avons décidé de vous parler de « Marathon Man », la tragédie de Boston n’avait pas encore eu lieu. Aujourd’hui, le titre du film ainsi que son intrigue, qui mêle la course de fond et la violence, résonnent différemment. Aujourd’hui, après ce funeste 15 avril qui a vu le plus ancien marathon annuel du monde se couvrir de sang et d’horreur, le titre de cet article a un drôle de goût.

Boston_tragedy_parques_marathon

Laissons pour un instant l’actualité de côté et partons à la découverte d’un grand film, qui inaugure notre nouvelle rubrique Sport et cinéma. Tout comme la littérature, le cinéma aime le sport. Il l’aime peut-être même encore plus tant le geste sportif est cinégénique. Et pour entamer cette rubrique, nous avons choisi la course de fond dans un film célèbre de nom mais qui n’a pas toujours été vu, surtout par les plus jeunes. Il s’agit de « Marathon Man » de John Schlesinger. Si vous ne l’avez pas encore vu, sachez que l’article dévoile des moments importants du récit (mais pas la fin, soyez rassurés)…

Ce film américain de 1976 est adapté d’un roman de William Goldman sorti un an auparavant. Le romancier signe d’ailleurs aussi le scénario du film, qui s’inscrit dans la lignée des grands longs-métrages d’espionnage et de suspense sortis à la même époque (« Les Hommes du Président », « Les Trois jours du Condor »,…).

Marathon_man_1976_dustin_olivier

« Marathon Man » porte une partie essentielle du récit dans son titre. Un homme seul doit courir pour survivre. Le héros, Babe, est interprété par Dustin Hoffman. Cet étudiant en histoire prépare le marathon de New York en courant autour du célèbre réservoir de Central Park. Il mène une vie tranquille et tombe même amoureux d’une jeune Suissesse.

Le film commence avec Dustin Hoffman, en plein effort et vêtu d’un simple jogging gris, qui longe le réservoir à un rythme régulier. Les célèbres images en noir et blanc du marathonien éthiopien Abebe Bikila remportant pieds nus le marathon olympique en 1960 viennent se superposer à la course de l’Américain. L’Africain est un modèle pour le héros, une source de motivation. En ce début de film, la course à pied est envisagée comme une métaphore positive du dépassement de soi, de l’effort suprême, de la liberté aussi. Babe court pour s’entraîner, il court pour se défouler, il affiche les photos de ses idoles sportives dans son appartement.

La vie du héros bascule lorsque son frère Doc (Roy Scheider) s’avère être un espion qui joue un jeu dangereux avec d’anciens criminels nazis. Quand son frère blessé vient mourir dans son appartement, Babe est immédiatement pourchassé par le sadique Dr Szell, joué par l’immense comédien britannique Laurence Olivier, et ses hommes. Ils soupçonnent Babe d’en savoir plus qu’il ne veut bien le dire. Ils parviennent à le kidnapper et à l’interroger. Babe survit aux séances de torture de l’ancien dentiste nazi. Le « Is it safe ? » répété par Laurence Olivier au début de la première séquence de torture est resté parmi les répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Des scènes vraiment angoissantes qui ont fait interdire le film aux moins de 16 ans. Babe ne sait rien et Szell finit par s’en rendre compte. Le héros arrive à échapper aux hommes de main qui allaient le tuer en courant de toutes ses forces dans la ville la nuit. Sa démarche de bête traquée et sa façon désordonnée de courir comme s’il avait oublié en un instant tous ses réflexes de marathonien contrastent évidemment avec l’attitude de l’étudiant insouciant et concentré du début du film. Arrivé au bout de ses limites, ce sont à nouveau les images en noir et blanc d’Abebe Bikila remportant le marathon aux JO de Rome en 1960 qui lui donnent le regain d’énergie nécessaire pour continuer à courir. Même sans la rigueur technique, son endurance finit par sauver le héros.

abebe_bikila_marathon_pieds

L’histoire ne s’arrête pas là. Mais pas question de vous révéler la fin du film… Le duel entre Babe et Szell s’achève quelques scènes plus tard dans Central Park et mérite d’être vu. Près de quarante ans après sa sortie, le suspense et l’angoisse sont toujours au rendez-vous de ce grand classique.

Le prochain marathon de New York aura lieu le 3 novembre. Espérons que des gens de tous les pays du monde y courront une nouvelle fois tous ensemble avec pour seuls cris autour d’eux les encouragements des spectateurs et pour seules images dans la tête l’arrivée triomphale d’Abebe Bikila au Stade olympique de Rome.

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8 réflexions sur “« Marathon man » ou l’histoire sans paroles du coureur de fond

  1. Je commencais a m’inquieter de ne plus recevoir ma « dose » d’onion rings ! S’il vous plait, ne nous laissez plus si longtemps sans nous « nourrir », c’est un tel plaisir a chaque fois de lire Sara et de decouvrir les dessins de Marielle. Je vais aller de ce pas revoir « Marathon Man » !

    • Merci beaucoup Catherine et pas d’inquiétude, les Onions sont loin d’avoir dit leur dernier mot ! Cette petite pause n’était que temporaire et nous repartons de plus belle avec Roland Garros !

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