Les Onions publiés dans la revue « Sans Limite » (1)

Onion Rings a fait deux petites infidélités au blog… Mais c’était pour la bonne cause ! Nous avons écrit et illustré des articles dans la très belle revue « Sans Limite » qui sort chaque année à l’occasion de Roland-Garros. Voici déjà le premier d’entre eux. Il s’agit d’un retour dans le passé. Demain, nous vous ferons découvrir le second article, qui dresse le portrait d’un très grand champion. Et durant toute la quinzaine, nous suivrons Roland-Garros, exclusivement pour le blog cette fois. Deux semaines de petites balles jaunes, de terrain ocre, de lignes blanches, en espérant un grand ciel bleu…

1913, l’année de tous les possibles

 
Dernière année avant le début de la Première Guerre mondiale et dernière année avant l’éclosion de Suzanne Lenglen, 1913 est une date charnière de l’histoire du tennis. À quoi ressemblait donc le monde de la petite balle jaune il y a cent ans ?

À l’aube de 1913, le tennis est un sport amateur encore jeune dont le haut niveau se pratique dans une poignée de compétitions éparpillées sur le globe. Quant à ses joueurs, il s’agit encore d’un microcosme de sportifs bien nés qui s’affrontent dans des tenues élégantes. Une image d’Epinal qui commence pourtant à évoluer grâce à une internationalisation du sport et une célébrité grandissante de ses champions.

C’est à Paris le 1er mars 1913 qu’est créée l’International Lawn Tennis Federation (ILTF) par 12 fédérations nationales. S’il lui faudra encore une dizaine d’années avant de devenir véritablement une autorité organisatrice, la première pierre de la coordination internationale du tennis était ainsi posée.

FFT_Roland_Garros_1913_MD

Côté français, même si cet acte symbolique s’est déroulé dans la capitale, l’heure n’est pas encore à l’ouverture vers l’international. En effet, les championnats de France sur terre battue ne sont accessibles qu’aux licenciés des clubs français. Ils se déroulent au Racing Club. Le stade de Roland-Garros n’existe évidemment pas encore puisque c’est justement en 1913 que le jeune aviateur effectue sa légendaire traversée de la Méditerranée. Chez les hommes, c’est incontestablement Max Decugis qui est la star de la discipline au début du 20ème siècle. En 1913, face à Georges Gault, il remporte son sixième championnat de France en simples, avant un dernier titre l’année suivante. Il gagne également en doubles, une épreuve qu’il remportera 14 fois dans sa carrière dont 13 fois d’affilée avant la guerre ! Chez les femmes, Marguerite Broquedis gagne la finale en simples et réitèrera l’exploit l’année suivante. Elle est alors au sommet de son art après sa médaille d’or olympique sur court extérieur à Stockholm en 1912.

Malgré leur prestige, les championnats de France sur terre battue ont un sérieux concurrent parisien : les championnats du monde de tennis sur terre battue. Cet événement sportif est né en 1911 de l’imagination d’un mécène américain du nom de Duane Williams. Il a voulu créer des championnats du monde sur terre battue pour que les spécialistes de cette surface aient un événement international aussi important que Wimbledon pour le gazon. Un troisième championnat du monde, sur courts couverts, vient compléter les deux épreuves en extérieur. Malheureusement, Williams ne verra jamais ces championnats puisqu’il périra en 1912 dans le naufrage du Titanic.

Le tournoi de 1913 sur terre battue se déroule au Stade français à Saint-Cloud. Chez les femmes, Broquedis, décidément très en forme en 1913, se hisse jusqu’en finale. Le tableau masculin voit la victoire d’Anthony « Tony » Wilding. Ce tennisman néo-zélandais est le meilleur joueur du monde cette année-là et plus largement durant les années d’avant-guerre. Si le classement ATP avait existé à l’époque, il aurait sans conteste été n°1 mondial en 1913 avec ses trois victoires à Saint-Cloud, à Wimbledon et lors des championnats du monde sur courts couverts au Queen’s Club à Londres. Un champion dans la force de l’âge que le tennis perdra prématurément puisqu’il mourra sous les drapeaux en 1915.

La Première Guerre mondiale, justement, mettra un coup d’arrêt à toutes les compétitions tennistiques pendant plusieurs années. Au retour de la guerre, Suzanne Lenglen deviendra la star du tennis mondial et fera, avec les Mousquetaires, entrer son sport dans une autre dimension. Mais ceci est une autre histoire…

À découvrir également sur la version en ligne du magazine « Sans Limite ».

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