De Londres à Rio en passant par LCI !

Les Onions étaient réunies hier soir en direct sur le plateau de LCI pour présenter « Les Jeux Olympiques en anecdotes & dessins » aux Forges de Vulcain !

Un échange riche et gratifiant sur ce projet que nous avons démarré il y a de cela 4 ans et qui aujourd’hui est devenu un livre dont nous sommes très heureuses !

Le présentateur et journaliste Julien Dommel, aussi accueillant qu’enthousiaste, nous a confié juste avant l’interview sa joie d’en apprendre encore bien davantage avec l’ouvrage (notamment sur les Jeux mondiaux) alors même que l’actualité olympique intense et les histoires qui s’y rapportent ne manquent pas !

Lancement & dédicace à la Petite Egypte !

Invitation Dedicace JO Petite Egypte

Les Editions Aux forges de Vulcain et la Librairie Petite Égypte sont heureuses de vous inviter à une soirée autour du livre Les JO en anecdotes et dessins de Sara Nosratian et Marielle Durand, le mercredi 29 juin à partir de 18h30.

29 juin 2016 à partir de 18h30

Librairie Petite Egypte
35 rue des Petits Carreaux
75002 Paris.

 

Dans quelques semaines, les Jeux Olympiques 2016 auront lieu au Brésil, à RIO DE JANEIRO. Quoi de mieux qu’un petit livre comme préparer ce bel événement?

Ce livre, c’est: LES JEUX OLYMPIQUES EN ANECDOTES ET DESSINS.

Les détails de l’événement Facebook, c’est ici.

Pour vous inscrire et nous permettre ainsi de prévoir les agapes en conséquence, c’est ici.

 

Le livre arrive le 4 mai !

Chers lecteurs,
C’est avec une joie non dissimulée que nous vous annonçons la sortie prochaine de notre livre « Les Jeux olympiques en anecdotes et dessins » aux éditions Aux Forges de Vulcain !
Nous avons sélectionné les meilleurs articles et dessins olympiques et paralympiques du blog remis au goût du jour.

Pour les amoureux du sport mais encore plus pour les curieux, fans de dessin, d’actualité et d’anecdotes.
Vous pouvez d’ores et déjà pré-commander votre exemplaire ici :
A très bientôt en librairies !
Marielle et Sara
Couverture livre

La couverture du livre « Les Jeux olympiques en anecdotes et dessins » – éditions Aux Forges de Vulcain

 

 

De la naissance des Jeux olympiques d’hiver et de la mort des Jeux nordiques

On a souvent tendance à croire que les Jeux d’hiver sont nés un beau jour de 1924 à Chamonix pour satisfaire le besoin frivole d’une frange privilégiée de la population occidentale de se griser à grands coups d’activités hivernales. Ce n’est pas faux mais la genèse des JO d’hiver n’a pas été aussi spontanée, loin de là. Pendant plus de vingt ans, entre tâtonnements et coups du sort, les sports d’hiver ont cherché leur place dans l’agenda des compétitions internationales.

OR14_JO_HIVER_1924-1990_JO_SOTCHIRetournons d’abord au tout début du 20ème siècle. Avant de devenir olympiques, les sports d’hiver ont déjà besoin d’un événement majeur. C’est chose faite en Suède en 1901 avec les Jeux nordiques. Le succès est au rendez-vous. Ils se déroulent tous les deux ans puis tous les quatre ans jusqu’en 1926. Leur fondateur, le général Balck, est un ami proche de Coubertin. Il aimerait bien que ce dernier intègre des sports d’hiver aux JO mais il lui faut être patient. C’est seulement aux JO de Londres en 1908 que quelques épreuves de patinage artistique viennent agrémenter le programme olympique. Un premier pas est franchi.

Plus téméraire encore, un comte italien propose d’organiser une semaine de sports d’hiver durant les JO de Stockholm en 1912. Mais cette idée ne plaît pas aux frileux organisateurs des Jeux nordiques. L’idée ressurgit une nouvelle fois pour les Jeux de Berlin 1916. Cette fois, c’est sûr, il y aura bien une semaine de compétitions de sports d’hiver aux Jeux olympiques. Sauf que les Jeux de Berlin de 1916 n’ont évidemment jamais eu lieu à cause de la Première guerre mondiale…

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Encore quatre ans d’attente jusqu’aux Jeux d’Anvers en 1920. Mais la semaine de sports d’hiver est temporairement laissée de côté au profit de quelques épreuves de patinage artistique et de hockey sur glace. Des os à ronger pour patienter. La délivrance est proche. Il est finalement décidé que le pays organisateur des JO de 1924, la France, va accueillir une semaine internationale de sports d’hiver sous le patronage du CIO. Cette semaine – qui dure en fait 11 jours – est séparée des épreuves d’été. Elle se déroule à Chamonix.

Voici donc les fameux premiers Jeux olympiques d’hiver de Chamonix. Pourtant, en 1924, ce nom n’existe pas encore. Ce n’est que rétroactivement qu’on donnera à cet événement le privilège d’avoir été le premier. En effet, motivé par le succès des compétitions de Chamonix, le CIO décide l’année suivante de créer des Jeux d’hiver séparés. Pas une semaine internationale gadget mais de vrais Jeux olympiques. Les Jeux d’hiver de Saint-Moritz en 1928 sont donc les vrais premiers Jeux d’hiver, même s’ils sont officiellement les deuxièmes.

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L’éclosion des Jeux d’hiver est un coup dur pour les Jeux nordiques. 1926 sera d’ailleurs la dernière année pour eux. Non pas qu’on ait décidé de les arrêter à partir de là, pas du tout. Les organisateurs ont même tenté plusieurs fois de sauver leurs Jeux. Mais le destin s’est acharné contre l’événement sportif internationalo-suédois. D’abord, le fondateur, Balck, meurt en 1928 en emportant avec lui une bonne partie de l’énergie positive nécessaire à organiser un tel tournoi. En 1930, c’est l’absence de neige qui empêche la tenue des Jeux nordiques. En 1934, c’est au tour de la Grande dépression. Quant à ceux de 1942, la Deuxième guerre mondiale sera une excuse plus que légitime pour les annuler. Les Jeux nordiques ne vont pas s’en remettre. Impossible de rivaliser avec les JO. Ils meurent dans l’indifférence quasi générale.

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que, peu importe le nom ou l’organisateur, les sports d’hiver ont désormais un écrin grandiose pour se faire connaître et se développer.

Les Onions dans « Up & Under » !

Un blog qu’on aime beaucoup, Superrugbynews, nous a demandé au début de l’été d’écrire un article illustré pour le premier numéro d’un webzine entièrement dédié au rugby et réalisé par différents blogs et sites dédiés au ballon ovale. On a été flattées.

Ils nous ont dit qu’ils aimeraient qu’on écrive sur le rugby à XIII en fauteuil, un sport très récent, souvent inconnu au bataillon et dans lequel la France est devenue championne du monde en juillet. On a été intriguées.
Quelques semaines plus tard, le webzine « Up & Under » est enfin disponible !

Allez donc télécharger le PDF pour découvrir tous les articles très intéressants et, notamment, notre petite contribution sur ce jeune sport spectaculaire. On serait flattées que vous soyez intrigués 😉

 

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Les Onions publiés dans la revue « Sans Limite » (2)

Et voici le portrait de Stéphane Houdet que nous avons publié dans la revue « Sans Limite » pour Roland-Garros 2013. Un grand champion handisport extrêmement sympathique que Marielle a eu la chance de rencontrer et de dessiner lors d’un entraînement parisien et avec lequel j’ai eu l’occasion de parler via Skype alors qu’il était en Floride.

Le blog revient très vite avec des articles exclusifs aux petits oignons !

Les aventures fantastiques d’un rêveur réaliste 

De Stéphane Houdet, les amateurs de tennis handisport connaissent le parcours digne d’un film hollywoodien : un jeune vétérinaire bon joueur de tennis dans sa jeunesse qui a perdu l’usage de sa jambe gauche lors d’un accident de moto en 1996, est devenu n°1 européen de handigolf, s’est finalement fait amputer de la jambe gauche, s’est essayé au tennis en fauteuil avant de gagner plusieurs médailles paralympiques et de devenir n°1 mondial de tennis de la discipline en remportant Roland-Garros en 2012. Ce que peu de gens savent, en revanche, c’est que cet incorrigible optimiste ne fait pas que jouer. Il innove sans cesse pour repousser les limites de son sport et le faire découvrir au plus grand nombre. Lui qui dit qu’il a hérité sa vision positive des choses de son père aime voir ses propres enfants, deux duos de jumeaux, s’essayer à des activités multiples pour découvrir leur voie. Une voie que Stéphane a trouvée grâce au tennis en fauteuil.

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S’il a dû tout réapprendre ou presque car le tennis en fauteuil ne ressemble pas au tennis debout, surtout pour un homme qui marche avec une prothèse le reste du temps, il travaille aujourd’hui avec des ingénieurs pour créer d’ici la fin de l’année un fauteuil d’un nouveau genre sur lequel les joueurs seraient à genoux, dans une position proche de celle des joueurs valides. Une révolution pour son jeu mais aussi pour tous les joueurs. Parce que c’est cela que le tennisman aime par-dessus tout : rencontrer des gens intéressants et partager des moments forts avec eux. Stéphane a des adversaires de poids qui lui permettent de se dépasser à chaque tournoi. Lorsqu’il parle de ses concurrents sur le circuit, il le fait avec enthousiasme et affection, qu’il s’agisse de son acolyte de doubles français mais adversaire en simples Michaël Jérémiasz ou de l’actuel n°1 mondial, le phénoménal Shingo Kunieda. Ce dernier, qui, contrairement à Stéphane, a appris le tennis à l’âge de 11 ans directement sur un fauteuil roulant, est une véritable star au Japon. Leur finale des Jeux paralympiques de Londres, remportée par Kunieda, a même été diffusée sur la grande chaîne de télévision japonaise. Le Français s’émerveille de l’intérêt grandissant du public. Avec ce nouveau fauteuil, le jeu serait complètement révolutionné et donc encore plus attrayant pour les spectateurs.

Un rêve qui suffirait déjà à occuper entièrement beaucoup d’esprits mais pas celui de Stéphane. Lui ne veut pas simplement faire voir son sport, il veut faire jouer les gens au tennis en fauteuil. Il veut que les passionnés de tennis qui ne peuvent plus jouer à cause de problèmes aux jambes tels qu’une rupture des ligaments croisés ne se disent pas qu’ils ne joueront plus jamais. Il rêve qu’ils s’essaient au tennis assis, pour que cette discipline devienne un sport à part entière et ne reste pas uniquement un handisport. Le joueur en est certain, c’est en rivalisant avec les valides que les mentalités changeront. Il a d’ailleurs lancé une idée folle qui commence à faire son chemin : jouer un match assis contre Novak Djokovic et Roger Federer en rollers ! L’avenir nous dira si ce match a lieu. D’ici là, Stéphane aura certainement trouvé encore de nouvelles idées. D’ici là, il continuera à gagner des tournois avec, en point de mire, la victoire en simples et en doubles à Rio en 2016. Saint-Exupéry disait : « Fais de ta vie un rêve et, d’un rêve, une réalité ». Une philosophie que Stéphane Houdet applique chaque jour avec bonheur.

À découvrir également sur la version en ligne du magazine « Sans Limite ».

Les Onions publiés dans la revue « Sans Limite » (1)

Onion Rings a fait deux petites infidélités au blog… Mais c’était pour la bonne cause ! Nous avons écrit et illustré des articles dans la très belle revue « Sans Limite » qui sort chaque année à l’occasion de Roland-Garros. Voici déjà le premier d’entre eux. Il s’agit d’un retour dans le passé. Demain, nous vous ferons découvrir le second article, qui dresse le portrait d’un très grand champion. Et durant toute la quinzaine, nous suivrons Roland-Garros, exclusivement pour le blog cette fois. Deux semaines de petites balles jaunes, de terrain ocre, de lignes blanches, en espérant un grand ciel bleu…

1913, l’année de tous les possibles

 
Dernière année avant le début de la Première Guerre mondiale et dernière année avant l’éclosion de Suzanne Lenglen, 1913 est une date charnière de l’histoire du tennis. À quoi ressemblait donc le monde de la petite balle jaune il y a cent ans ?

À l’aube de 1913, le tennis est un sport amateur encore jeune dont le haut niveau se pratique dans une poignée de compétitions éparpillées sur le globe. Quant à ses joueurs, il s’agit encore d’un microcosme de sportifs bien nés qui s’affrontent dans des tenues élégantes. Une image d’Epinal qui commence pourtant à évoluer grâce à une internationalisation du sport et une célébrité grandissante de ses champions.

C’est à Paris le 1er mars 1913 qu’est créée l’International Lawn Tennis Federation (ILTF) par 12 fédérations nationales. S’il lui faudra encore une dizaine d’années avant de devenir véritablement une autorité organisatrice, la première pierre de la coordination internationale du tennis était ainsi posée.

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Côté français, même si cet acte symbolique s’est déroulé dans la capitale, l’heure n’est pas encore à l’ouverture vers l’international. En effet, les championnats de France sur terre battue ne sont accessibles qu’aux licenciés des clubs français. Ils se déroulent au Racing Club. Le stade de Roland-Garros n’existe évidemment pas encore puisque c’est justement en 1913 que le jeune aviateur effectue sa légendaire traversée de la Méditerranée. Chez les hommes, c’est incontestablement Max Decugis qui est la star de la discipline au début du 20ème siècle. En 1913, face à Georges Gault, il remporte son sixième championnat de France en simples, avant un dernier titre l’année suivante. Il gagne également en doubles, une épreuve qu’il remportera 14 fois dans sa carrière dont 13 fois d’affilée avant la guerre ! Chez les femmes, Marguerite Broquedis gagne la finale en simples et réitèrera l’exploit l’année suivante. Elle est alors au sommet de son art après sa médaille d’or olympique sur court extérieur à Stockholm en 1912.

Malgré leur prestige, les championnats de France sur terre battue ont un sérieux concurrent parisien : les championnats du monde de tennis sur terre battue. Cet événement sportif est né en 1911 de l’imagination d’un mécène américain du nom de Duane Williams. Il a voulu créer des championnats du monde sur terre battue pour que les spécialistes de cette surface aient un événement international aussi important que Wimbledon pour le gazon. Un troisième championnat du monde, sur courts couverts, vient compléter les deux épreuves en extérieur. Malheureusement, Williams ne verra jamais ces championnats puisqu’il périra en 1912 dans le naufrage du Titanic.

Le tournoi de 1913 sur terre battue se déroule au Stade français à Saint-Cloud. Chez les femmes, Broquedis, décidément très en forme en 1913, se hisse jusqu’en finale. Le tableau masculin voit la victoire d’Anthony « Tony » Wilding. Ce tennisman néo-zélandais est le meilleur joueur du monde cette année-là et plus largement durant les années d’avant-guerre. Si le classement ATP avait existé à l’époque, il aurait sans conteste été n°1 mondial en 1913 avec ses trois victoires à Saint-Cloud, à Wimbledon et lors des championnats du monde sur courts couverts au Queen’s Club à Londres. Un champion dans la force de l’âge que le tennis perdra prématurément puisqu’il mourra sous les drapeaux en 1915.

La Première Guerre mondiale, justement, mettra un coup d’arrêt à toutes les compétitions tennistiques pendant plusieurs années. Au retour de la guerre, Suzanne Lenglen deviendra la star du tennis mondial et fera, avec les Mousquetaires, entrer son sport dans une autre dimension. Mais ceci est une autre histoire…

À découvrir également sur la version en ligne du magazine « Sans Limite ».

Un bel article à propos du blog en exclu sur Onion Rings !

Sarah Elkaïm est journaliste pour Afrique magazine, Slate AfriqueCritikat et c’est aussi une amie à nous. Elle avait aimé le blog et proposé un article à la rédaction d’un des médias pour lesquels elle travaille. Il n’a malheureusement pas été mis en ligne à l’époque. Mais comme il était particulièrement précis sur nos envies et nos parcours et très joliment écrit, nous avons décidé de le publier ici. Merci à Sarah pour ce beau texte. Bonne lecture à tous et rendez-vous dans quelques jours pour de nouvelles notes afin de bien entamer 2013 !

Slate Afrique
billet sur « Onion Rings », un blog décalé sur les JO et les jeux paralympiques
Sarah Elkaïm
4 septembre 2012

Une plume, un crayon, le sport aux p’tits oignons

Savoureux, piquant, intelligent, décalé… Le blog « Onion Rings » croque les Jeux Olympiques en récits et en dessins, pas par le biais purement journalistiquement sportif, mais par l’émotion, l’exploit, le petit détail, la trajectoire d’un sportif… Le trait est vif, le texte tout autant. Comme ce dessin, sous le titre « Guerre et sport : quand la tragédie mène à l’exploit sportif », de ces deux athlètes rwandais, un Hutu et un Tutsi réunis dans la même délégation, chacun amputé d’une jambe, une kalach et une machette en guise de jambe de bois. Ou cet anatomiste perdant la tête devant le « cas Usain Bolt ». Ou encore cet intéressant retour sur l’origine et l’étymologie des jeux paralympiques raconté sous la bannière « l’esprit, le corps, l’âme »… soit la devise des paralympiques.

La recette de ces « Onions Rings », du nom, Londres oblige, de cette spécialité culinaire britannique – des rondelles d’oignons frites – rappelant les anneaux olympiques, c’est une bonne dose d’humour et de dérision, une touche de poésie. Un amour du sport pour tout ce qu’il représente, et pas seulement la compétition. « Onion Rings », « blog anecdotico-artistique sportif » comme le décrivent ses deux créatrices, mêle le regard de Marielle et Sara, trentenaires passionnées de culture, d’actualité et de sport bien sûr, amies de 17 ans(elles se sont connues sur les bancs du lycée, en 1ère L), anciennes colocs, qui ont réuni leurs talents de dessinatrice et d’auteur pour cuisiner ces oignons bien relevés. C’est Sara, l’auteur des textes, qui a trouvé le nom du blog, que Marielle, la dessinatrice, « trouve génial ». Car l’équipe de ces deux-là est faite de confiance, d’enthousiasme, d’admiration mutuelle. Faire équipe, précisément, « ça faisait plus de dix ans qu’on en avait envie, raconte Marielle. Au début, c’était un projet sur l’Iran, pays d’origine de la famille de Sara, une BD, très peu de temps avant que Persepolis de Marjane Satrapi ne voit le jour ! » Le temps passe, la vie, ses occupations, mais Marielle et Sara ne perdent pas de vue leur désir. Il sera relancé il y a quelques mois, à la faveur d’un dessin de Marielle sur Roland Garros posté sur son blog, que Sara remarque, et qui leur donne envie d’expérimenter leur équipe sur le terrain du sport, une passion commune. « Lorsqu’on en a reparlé, on était en plein Euro. Après c’étaient les JO ! » se souvient Marielle. L’événement sportif-roi, la manifestation rêvée pour associer leurs idées et leurs talents.

« Onion Rings » est lancé quatre jours avant l’ouverture des JO. « Ça a été très sport sur toute la durée », expliquent les deux amies, se souvenant de nuits courtes, de connexions internet défaillantes ou de matériel manquant (pas de scanner, pas de tablette graphique…) au gré des tribulations et diverses occupations estivales de l’une et de l’autre. Mais elles postent, chaque jour. Le 4 septembre, « Onion Rings » avait dépassé les 5224 visiteurs uniques, et avait connu une journée record, la veille, avec 445 visites. « Cinquante-six pays nous lisent, en Europe, aux Etats-Unis mais aussi sur le continent indien, africain… de Djibouti aux Seychelles en passant par l’Ouganda, l’Algérie, le Monténégro, l’Argentine, le Brésil, le Japon, le Chili... » détaille Marielle, heureuse d’avoir atteint un des objectifs du blog : « Parler au grand public, sous des angles pas forcément convenus, faire un travail sérieusement mais sans se prendre au sérieux ».

« Onion Rings » poursuit sa belle course avec les jeux paralympiques. Un événement qui a particulièrement marqué ses auteurs ? Pour Sara, « la défaite d’Oscar Pistorius en finale du 200m. C’était le seul athlète connu mondialement. On pensait qu’il était le seul athlète handicapé à avoir un très bon niveau. Le fait qu’il soit battu montre qu’il faut s’intéresser aussi aux autres athlètes car la compétition est rude. C’est très bon pour la reconnaissance du handisport. Et la cérémonie d’ouverture, de toute beauté. Un beau moment de communion et de fête ».  Marielle a aussi trouvé cette ouverture « tout en poésie et magie », retient la déception de Pistorius et « le fameux coup de génie de David Wetherill en ping pong ». La suite ? « Etant donné l’intérêt des lecteurs et parce qu’on s’amuse bien à le faire, on va certainement reprendre le blog régulièrement pour de grands événements sportifs » confie Sara. Leurs « Onion Rings » croustillent déjà pour un nombre grandissant de lecteurs, et, sur sa page Facebook, l’Equipe de France Paralympique recommande de s’occuper de ces oignons-là…

Le deuxième souffle

La nouvelle est tombée il y a quelques jours déjà : Onion Rings est deuxième du classement final des Golden Blog Awards 2012 dans la catégorie Sport, après avoir été deuxième du vote du public. Un très beau résultat pour notre bébé blog. Mais un résultat un peu agaçant, malgré tout. « Le blog est jeune, il aura sa vraie chance l’an prochain », « Les vainqueurs de cette année avaient fini deuxièmes l’an dernier »… Oui, oui, oui… Tout cela est très juste mais quand même. On a beau dire, gagner, c’est autre chose 😉 Merci à tous ceux qui ont voté pour nous. Le nombre de votes du public pour notre blog a été totalement renversant : 4541 ! Le jury a visiblement apprécié aussi. La soirée à l’Hôtel de Ville était très agréable également. On y a croisé Paul Martin, l’heureux vainqueur de la catégorie Culture généraliste avec son incroyable blog l’Hippopotable. On y a aussi rencontré un des très sympathiques blogueurs concurrents de Superrugbynews, un blog de vrais passionnés de rugby auquel Marielle et moi prédisons un bel avenir. Toute cette énergie nous a donné envie de nous y remettre aussitôt. Voici donc le premier post de l’ère AGBA (après les Golden Blog Awards).

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Quel sujet choisir pour reprendre après cette longue campagne ? Chez Onion Rings, on a de l’humour et on n’est pas superstitieuses (enfin, seulement en ce qui concerne passer le sel à quelqu’un à la main). Alors, on a décidé de vous parler des éternels seconds du sport. Ces sportifs d’exception qui n’ont pas eu de chance. Certains parce qu’ils ont eu le malheur d’être de la même génération qu’un autre sportif encore plus exceptionnel qu’eux, d’autres parce qu’ils ont accumulé les petites défaillances et les coups du sort.

Le plus connu de tous, le coureur cycliste Raymond Poulidor, a obtenu le surnom d’ « Éternel second » en ne gagnant jamais le Tour de France et en ne portant jamais le maillot jaune. Perpétuellement derrière Anquetil puis derrière Merckx dans la Grande Boucle, il a pourtant fait une carrière extraordinaire (avec, entre autres, huit podiums du Tour, le record) et bénéficié d’une popularité (« poupoularité » comme on disait) hors norme dans la France dans années 1960 et 1970.

Raymond Poulido

Chez les femmes aussi, il y a des figures inoubliables de stars maudites. Des sportives majeures dans leur discipline qui ont toujours raté la victoire la plus prestigieuse. En patinage artistique, c’est la Française Surya Bonaly (aujourd’hui naturalisée américaine), qui détient ce triste titre. Malgré un palmarès long comme une page Wikipédia, elle n’a jamais gagné aux Jeux olympiques d’hiver, ni même obtenu de médaille. Elle n’a jamais non plus gagné de championnat du monde, se classant trois fois d’affilée deuxième entre 1993 et 1995. Chacun de ces championnats du monde a été gagné par une patineuse différente. La preuve que Surya n’a pas été vaincue par une rivale meilleure mais par une accumulation de malchance dans les moments cruciaux de sa carrière. Vaincue par elle-même en quelque sorte.

Autre figure maudite du sport féminin, la très impressionnante Merlene Ottey (qui continue sa carrière à plus de 50 ans, comme on vous l’a raconté sur le blog cet été) a été surnommée « la Reine de bronze » sur le circuit. Elle n’a gagné sa première médaille d’or aux championnats du monde d’athlétisme qu’à l’âge de 31 ans, autant dire à un âge canonique en athlétisme, et c’était en relais. C’est finalement à 33 ans, autant dire à un âge postcanonique, aux Mondiaux de Stuttgart en 1993, qu’elle remporta enfin sa première médaille d’or en individuel. Des années d’attente qui en ont peu à peu fait la chouchoute dans le cœur du public.

Thierry Henry, lui, n’est pas un éternel second au sens premier du terme puisque son sport est collectif et qu’il a gagné quelques titres majeurs que la plupart des footballeurs du monde entier se damneraient pour accrocher à leur tableau de chasse (champion du monde en 1998 et champion d’Europe en 2000). Mais il n’a jamais gagné le Ballon d’or. La récompense ultime du meilleur joueur de l’année ne lui est jamais revenue. Deuxième en 2003, il a toujours été parmi les dix premiers du classement entre 2000 et 2006. Une régularité exceptionnelle, qui lui fait une belle jambe…

Alain_Mimoun_J.OMais, parce que certaines malédictions ont une fin, voici deux exemples de champions qui ont fini par vaincre le signe indien. Et vous allez voir qu’il n’y a vraiment aucune honte à s’en inspirer. Le premier est un Français, le coureur de fond Alain Mimoun. Athlète fantastique, il a eu le malheur d’être de la même génération que la « locomotive tchèque », Emil Zatopek. Aux JO de 1948 et 1952, Mimoun finit trois fois deuxième derrière son ami tchèque. Mais, le 1er décembre 1956 (les Jeux olympiques de Melbourne, les premiers dans l’hémisphère sud, se sont déroulés en novembre et décembre), Mimoun gagne le marathon. Zatopek est sixième. Ce sera leur dernière course l’un contre l’autre.

Autre victoire en guise de revanche sur le destin, celle de Roger Federer à Roland Garros en 2009. Après avoir couru derrière le seul titre qui manquait à son palmarès d’extraterrestre, le Suisse l’emporte enfin sur la terre battue parisienne. Evidemment, la victoire aurait été plus savoureuse s’il y avait vaincu son rival de toujours, le quasi-invincible de Roland Garros, Rafael Nadal. Mais Federer a battu en finale Robin Söderling, qui a lui-même vaincu Nadal en huitièmes de finale. Il n’allait pas faire la fine bouche tout de même…

Victoire de Roger Federer face à Robin Söderling à Roland Garros en 2009

Qu’ils soient des perdants magnifiques, des perdants qui gagnent enfin un jour ou des gagnants qui perdent lors des plus grands rendez-vous, tous ces sportifs sont entrés dans la légende. Parfois, la deuxième place apporte un brin d’humanité, bien plus appréciée par le public qu’une trop grande facilité. Parfois, la deuxième place est la meilleure des motivations, bien plus forte qu’une victoire trop rapide.

Onion Rings est shortlisté en 2e position de la catégorie Sport des GBA !

Depuis ce soir et après des jours d’angoisse et de trépidation intense que vous avez partagés avec nous, nous avons le grand, l’IMMENSE PLAISIR de vous annoncer que, grâce à TOUTES vos contributions depuis vos ordinateurs et outils de connexion en tous genres, nous faisons donc partie du petit peloton des 10 blogs en tête ! Merci donc infiniment de nous avoir soutenues jusqu’ici. C’était important à plus d’un titre !

Désormais c’est aux Jurés et Partenaires de décider de la suite…

Rendez-vous au plus tard le 14 novembre à l’Hôtel de Ville pour les résultats !
(Les billets d’entrée seront disponibles cette semaine sur le site)