Garmisch-Partenkirchen, la fausse parenthèse enchantée

Les Jeux de Berlin en 1936 n’étaient pas les premiers Jeux nazis. Du 6 au 16 février de la même année, le régime hitlérien avait déjà accueilli les Jeux d’hiver à Garmisch-Partenkirchen. Beaucoup moins connus (les sports d’hiver sont encore réservés à une élite dans les années 1930), ils ont pourtant joué un rôle important dans la propagande hitlérienne. Idéalement et volontairement situés en Bavière, siège du parti national-socialiste, les deux communes de Garmisch et de Partenkirchen sont réunies en une seule ville pour recevoir ces Jeux blancs. Deux objectifs précis leur sont assignés : servir de répétition générale pour le show phénoménal de Berlin quelques mois plus tard et d’anesthésiant chargé de rassurer les inquiets quant aux exactions du Reich. Suite à une visite avant les Jeux du président du CIO, le comte belge Baillet-Latour, et pour ne pas mettre en danger les Jeux d’été en provoquant des boycotts, les organisateurs font retirer tous les panneaux antisémites des abords du site olympique et encadrent les groupes afin d’éviter les démonstrations publiques contre les juifs. Garmisch-Partenkirchen ne doit surtout pas faire peur. Pendant une dizaine de jours, l’Allemagne nazie propage donc l’image idyllique d’un havre de paix et de camaraderie. La grandiose cérémonie d’ouverture donne tout de même le ton : les JO de Garmisch-Partenkirchen accueillent avec joie le monde entier, certes, mais ils mettent surtout en lumière le besoin d’impressionner et la démesure du régime. On n’avait jamais vu une tel faste, surtout pour des Jeux d’hiver encore confidentiels.

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Les épreuves se déroulent sans encombre. Il aurait été idéal que les Allemands s’imposent au tableau final mais ils ne terminent que deuxièmes, très loin derrière les Norvégiens qui écrasent la concurrence (décidément, ils sont toujours là quand on parle de médailles). Les deux stars de cette 4ème édition des Jeux d’hiver sont naturellement norvégiennes. Chez les hommes, Ivar Ballangrud remporte trois médailles d’or et une d’argent en patinage de vitesse. Côté féminin, c’est Sonja Henie qui repart avec son troisième titre olympique d’affilée en patinage artistique. Sans oublier Emile Allais, dont nous avons ici fait l’hommage en 2012, premier médaillé français olympique, qui décroche le bronze en ski alpin.

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Mais il faut bien avouer que ce ne sont pas les événements sportifs qui nous intéressent aujourd’hui lorsqu’on reparle des JO d’hiver de 1936. Dès la fin des Jeux, les persécutions reprennent et l’Allemagne viole allègrement les traités internationaux en envahissant et réoccupant la Rhénanie un mois après la cérémonie d’ouverture durant laquelle Karl Ritter von Halt, le président du comité d’organisation des Jeux, avait prôné « une véritable célébration de la paix et une compréhension sincère entre les peuples »… Les grands discours pacifistes et fraternels se sont éteints en même temps que la flamme olympique.

Ce que peu de gens savent, c’est que Garmisch-Partenkirchen aurait aussi pu être le théâtre des troisièmes Jeux olympiques nazis. En effet, c’est ce site que le CIO avait finalement choisi pour accueillir les Jeux d’hiver 1940. Initialement attribués à la ville de Sapporo au Japon en juin 1937, elle doit rapidement être réattribuée : les Japonais sont incapables d’organiser les Jeux à cause de l’éclatement de la seconde guerre sino-japonaise en 1938. Sapporo devra attendre 1972 pour enfin devenir ville olympique. Avec le Japon out, le CIO se tourne alors vers Saint-Moritz – qui a organisé les JO d’hiver en 1928 – mais aucun accord n’est trouvé à cause d’une querelle fondamentale sur le statut des moniteurs de ski. Le CIO les considère comme des professionnels et leur interdit de ce fait la participation aux JO. Les Suisses, eux, militent pour qu’on les autorise à concourir. Devant l’inflexibilité du CIO, Saint-Moritz se désiste aussi. C’est alors que les regards se tournent vers Garmisch-Partenkirchen. Au printemps 1939, l’Allemagne accepte d’organiser pour la seconde fois consécutive les Jeux d’hiver. Le 1er septembre, le Reich envahit la Pologne. Deux mois plus tard, les Jeux d’hiver sont officiellement annulés. Il semblerait que le CIO ait espéré une résolution rapide du conflit (une victoire expresse de l’Allemagne ?) avant d’accepter l’idée que la guerre était partie pour durer.

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Heureusement pour Garmisch-Partenkirchen, son nom est aujourd’hui plutôt associé à des événements contemporains joyeux puisqu’elle accueille notamment une des étapes de la Tournée des quatre tremplins en saut à ski et de nombreuses épreuves de la Coupe du monde de ski alpin. Et elle espère aussi un jour réorganiser les JO d’hiver. Candidate malheureuse (en association avec Munich) contre Pyeongchang pour 2018, elle a suffisamment d’atouts pour devenir ville hôte dans les prochaines années. Pour laver l’amer souvenir de 1936. Pour que, pour les générations futures, « les Jeux olympiques de Garmisch-Partenkirchen » aient une toute autre signification que pour les leurs aînés.

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Du patinage au saut à ski, l’évolution des Jeux d’hiver au féminin

Pierre de Coubertin n’était pas opposé à la pratique féminine du sport. Avec une sœur écuyère et une mère escrimeuse, comment aurait-il pu l’être ? Ce qu’il n’aimait pas, en revanche, c’était l’idée que ces dames participent à des compétitions publiques. L’organisme de ces petites choses fragiles qui servent principalement à procréer n’était pas capable, selon lui, de résister aux chocs. Voir un corps de femme se briser aux yeux de tous était au-dessus de ses forces. Nous vous épargnons ses plus célèbres phrases sur le sujet. Vous avez compris l’idée globale que défendait ce cher baron. Mais ne soyons pas anachroniques non plus. Au début du 20ème siècle, peu d’hommes avaient une opinion différente de celle du rénovateur des Jeux olympiques. En parallèle de leurs autres combats, les femmes ont donc aussi dû se battre pour obtenir le droit d’être des championnes. Parmi les grandes militantes de la cause du sport féminin, la Française Alice Milliat reste une figure incontournable. Nous en reparlerons plus longuement une autre fois car ses actions méritent le détour.

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Quant à Coubertin, il est toujours président du CIO lorsque s’ouvrent les Jeux d’hiver de Chamonix en 1924. Si les femmes y participent, leur présence reste confinée au patinage artistique (dames et couples mixtes). Mais elles sont bien là et elles ne vont cesser de conquérir de nouveaux sports tous les quatre ans. Pour comprendre l’évolution de la place des femmes dans les Jeux d’hiver, il faut bien passer par quelques chiffres… En 1924 à Chamonix pour les premiers JO d’hiver, 13 femmes seulement participent aux épreuves, soit 5% des sportifs. Grâce à l’ouverture régulière de nouveaux sports aux femmes, elles passent le cap des 100 participantes en 1952 à Oslo puis celui des 200 à Innsbruck en 1964 et celui des 300 à Calgary en 1988. En 1992 à Albertville, elles sont 488 femmes sur un total de 1801, soit 27% des athlètes présents. A partir de là, leur nombre progresse encore plus rapidement avec environ une centaine de sportives en plus par édition pour passer le seuil symbolique des 1000 femmes à Vancouver en 2010. Il y a quatre ans au Canada, les femmes représentaient donc 40% du total. Il faut désormais attendre la fin des Jeux pour obtenir les statistiques officielles mais ce pourcentage aura certainement grimpé à Sotchi.

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Ce qu’on sait déjà, en revanche, c’est qu’il n’y a jamais eu autant d’épreuves ouvertes aux femmes. Sur les 98 épreuves (un record) de ces Jeux, 43 sont féminines et 6 sont mixtes. Les femmes participent donc à pile la moitié des épreuves. Pas mal ! Parmi les nouveautés de cette année, de nombreuses concernent les femmes mais le sport qui fait parler tout le monde, c’est le très spectaculaire saut à ski décliné dans sa version féminine. Enfin les femmes ont le droit de s’élancer dans les airs et de prendre des risques fous comme les hommes. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Maintenant que le saut à ski a rejoint le ski de fond au programme féminin olympique, il ne reste plus qu’au combiné nordique (qui n’est que l’association de ces deux sports dans une seule et même épreuve) de devenir aussi un sport féminin.

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C’est assez simple, en fait. A Pyeongchang en Corée du Sud en 2018, il suffit d’inclure trois épreuves de combiné nordique (comme pour les hommes), de passer à deux épreuves de bobsleigh (comme pour les hommes) et de porter à trois les épreuves de saut à ski (comme pour les hommes), pour que l’égalité soit alors parfaite. CQFD ?

Le miracle était sur la glace

En hockey sur glace, la Guerre froide n’est toujours pas terminée. Chaque duel au sommet entre l’Est et l’Ouest sent le soufre, comme si de son résultat dépendait la domination du monde. D’ailleurs, si c’est le légendaire Vladislav Tretiak qui a été choisi pour allumer la flamme olympique cette année à Sotchi, ce n’est certainement pas un hasard. Tretiak, c’est le gardien de but de la période où l’URSS dominait le hockey sur glace. Il est l’artisan de 3 des 8 titres olympiques remportés entre 1956 et 1988 par la « Machine rouge ». Mais dans cette carrière grandiose, il y a un sacré point noir : Tretiak est un des malheureux acteurs soviétiques de l’affrontement le plus célèbre de l’histoire des Jeux olympiques d’hiver : ce fameux USA-URSS à Lake Placid en 1980. Si vous êtes trop jeunes pour avoir vu ce match ou si le hockey sur glace ne fait pas partie de vos préoccupations quotidiennes, sachez que cette rencontre a été très modestement baptisée « Miracle on ice » par les journalistes américains. Ils ont, c’est vrai, parfois tendance à s’enthousiasmer outre mesure mais on ne peut le leur reprocher cette fois tant le résultat final était inattendu.

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22 février 1980. Le match oppose les jeunes joueurs américains universitaires à l’invincible armée rouge en patins. A l’époque, les joueurs professionnels de la NHL (la ligue nord-américaine de hockey) ne pouvaient pas participer aux JO. Et contrairement à ce que la légende pourrait laisser croire, le match magique n’était pas la finale des JO. En effet, les quatre nations qui étaient sorties en tête des groupes de qualification se rencontraient dans ce qu’on appelle le « medal round ». Le match USA-URSS n’a donc pas permis à lui seul aux Etats-Unis de devenir champions olympiques mais il a joué un rôle tellement fondamental avec l’élimination des grandissimes favoris et l’explosion de la ferveur populaire qu’il peut être considéré comme une « finale » a posteriori. Une semaine avant le début de la compétition, les Américains avaient été corrigés par les Soviétiques dans un match préparatoire joué au Madison Square Garden à New York. Et si l’URSS avait facilement remporté ses premiers matchs de poule, les Américains, eux, avaient dû réaliser plusieurs exploits pour en arriver là. Bref, autant dire que les carottes semblaient cuites pour les Yankees.

Le match est une partition tellement parfaite de suspense qu’il est presque facile à résumer : but soviétique, égalisation américaine, but soviétique, égalisation américaine juste avant la fin de la première période, coup de tonnerre avec le remplacement de Tretiak qui était considéré à l’époque comme le meilleur gardien du monde, égalisation américaine, but soviétique et égalisation américaine encore. A 3-3, le ping-pong au score s’inverse : les Américains marquent et prennent la tête ! Il reste 10 minutes à jouer. Le public est au bord de la crise cardiaque. Le gardien US repousse les offensives soviétiques avec son corps et sans doute toute son âme. Au coup de sifflet final, les Américains ont vaincu les invincibles. Toutes les explications ne pourront vous faire sentir l’hystérie du public et des joueurs américains ce jour-là. Une petite vidéo de la dernière minute du match devrait vous y aider. Deux jours après cet exploit, les USA battent la Finlande et deviennent champions olympiques chez eux. Les Soviétiques rentrent à Moscou avec une décevante médaille d’argent. Un cauchemar sportif mais aussi un affront politique.

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Depuis 1980, cet épisode légendaire fait partie de la mémoire du peuple américain. Parmi les références les plus folles, il y a cet épisode de la 4ème saison de « X-Files » diffusée en 1996 et qui évoque le rôle du fameux homme à la cigarette dans de nombreux événements célèbres du 20ème siècle. Parmi eux, cet aveu savoureux : « The Smoking Man » aurait drogué le gardien de but soviétique afin d’assurer le succès américain en 1980. Seize ans après le match, la victoire semble toujours aussi improbable, au moins pour les scénaristes de la série…

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Quatre ans après l’affront, l’URSS récupère son titre à Sarajevo en 1984. Et la domination soviétique va continuer à Calgary en 1988 ainsi qu’à Albertville sous le drapeau olympique temporaire de l’équipe unifiée de l’ex-URSS. Cela fait aujourd’hui 22 ans que les Russes n’ont pas remporté de titre olympique en hockey sur glace. Il y a fort à parier que l’enthousiasme de jouer à domicile et la légère pression poutinienne (le président a participé en personne à un match contre des stars du hockey à Sotchi) galvaniseront les joueurs. Mais il faudra faire très attention aux tenants du titre canadiens (et accessoirement inventeurs du jeu) ainsi qu’aux Américains qui n’ont plus remporté l’or depuis 1980 et qui rêvent de réitérer le fameux « Miracle on ice » après une éclipse de 34 ans. (Ce qui semble plutôt bien parti étant donné qu’ils viennent de battre les Russes 3-2 ce samedi 15 février 2014)

Bobsleigh-Herzégovine : un Croate, un Serbe et deux Bosniaques

Souvent plus propices aux événements symboliques qui vont faire le tour du monde, les Jeux olympiques d’été n’ont pourtant pas toujours l’exclusivité des émotions extra-sportives. Les très policés et bourgeois sports d’hiver sont parfois le théâtre de moments inattendus. En 1994, à Lillehammer en Norvège, une équipe a marqué les mémoires pour ce qu’elle était, pour ce qu’elle représentait, pour ce qu’elle prônait, pour ce qu’elle criait à la face du monde et non pour ses résultats.

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Ils sont quatre. Une banale équipe de bobsleigh de seconde zone. Pas facile de s’entraîner dans un pays en guerre depuis deux ans. Ils terminent logiquement dans les dernières places du classement. Pourtant, les quatre sportifs ne sont pas déçus. Ils sont là où ils le désirent. Devant les micros du monde entier. Ces quatre mousquetaires ont des noms mais, à cette époque dans leur région, seule leur origine importe. Ils représentent la Bosnie-Herzégovine aux Jeux olympiques. La toute jeune République en guerre. A cette époque dans leur région, on se tue pour ses origines. Et eux, ils le refusent. Pendant que Sarajevo est sous les bombes, eux se montrent parce qu’ils représentent un rêve, l’entente simple et chaleureuse d’hommes dont on voudrait qu’ils soient en guerre les uns contre les autres. Si un Croate, un Serbe et deux Bosniaques peuvent cohabiter dans un minuscule bobsleigh, pourquoi un pays ne le pourrait-il pas ?

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En 1984, Sarajevo organise de splendides Jeux olympiques d’hiver. Dix ans plus tard, elle est assiégée. Quatre sportifs essayent d’attirer l’attention sur le sort de la jeune République de Bosnie-Herzégovine pour qu’on arrête de détruire leur pays, qu’on mette un terme au nettoyage ethnique et qu’on cesse d’être obligé d’utiliser le bois des installations sportives pour fabriquer des cercueils. Près de deux ans après ces Jeux de Lillehammer, les accords de Dayton vont mettre un terme au conflit en décembre 1995. Début 1998, à la veille des Jeux de Nagano, la Commission européenne offre deux bobsleighs et des combinaisons aux membres de l’équipe olympique bosniaque. Un petit cadeau, certes, pour remplacer les vieux appareils loués ou empruntés durant les années de guerre. Mais un geste symbolique, surtout, que ceux qui ne connaissaient pas la composition de l’équipe de 1994 n’ont pas pu apprécier à sa juste valeur.

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Un Serbe, un Croate et deux Bosniaques. Zoran Sokolovic, Igor Boras, Izet Haracic et Nizar Zaciragic. En 1984, ils avaient regardés émerveillés les compétitions sportives se dérouler dans leur ville natale qui faisait leur fierté. Dix ans plus tard, ils étaient en mission pour sauver leur ville natale qui était devenue leur honte. C’était il y a vingt ans. Si loin déjà et si proche pourtant.

Quand Salchow faisait le show

Si vous avez regardé ne serait-ce qu’une seule compétition de patinage artistique dans votre vie, vous avez forcément entendu le commentateur s’extasier sur un triple voire un quadruple Salchow. Mais en quoi consiste un Salchow ? C’est très simple : ce saut se prend sur une carre (la partie coupante de la lame) intérieure arrière pour se terminer, après une révolution, sur la carre extérieure arrière avec l’autre pied que celui ayant déclenché le départ. Si ces termes ne vous sont pas familiers, le dessin de Marielle est là pour vous sauver. Vous devriez visualiser le fameux Salchow de façon limpide ! Et ce saut porte évidemment le nom de son inventeur, l’immense champion suédois Ulrich Salchow (que l’on peut voir patiner ici en 1911), qui l’a tenté pour la première fois en compétition en 1909.

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Puisqu’on parle de Salchow, profitons-en pour revenir brièvement sur sa fabuleuse carrière sportive. Avec 10 titres de champion du monde, il reste l’homme le plus titré en patinage artistique. Seules deux patineuses, Sonja Henie dans les années 1920 et 1930 et Irina Rodnina dans les années 1960 et 1970 (cette dernière a allumé la flamme olympique lors de la cérémonie d’ouverture à Sotchi), ont égalé ce record. Il a également remporté l’or olympique aux JO de 1908 à Londres. Le patinage y est intégré pour la première fois au programme olympique, avant même la création des Jeux d’hiver. Au sommet de son art, Salchow est parti pour enchaîner les titres olympiques. Mais il ne peut malheureusement défendre son titre olympique en 1912 pour la simple raison que les organisateurs ont décidé de retirer le patinage artistique des épreuves olympiques. A l’époque, les disciplines entraient et sortaient des JO avec légèreté ou presque. Impossible d’envisager cela de nos jours. La fronde serait trop violente à cause des sommes considérables qui sont en jeu. Revenons à Salchow. En 1916, les JO n’ont pas lieu pour cause de guerre mondiale alors que le patinage artistique aurait dû y faire son retour. Et en 1920, quand le patinage réintègre le programme des Jeux olympiques d’été d’Anvers, Slachow a 43 ans. Il ne se classe que 4ème.

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Après sa brillante carrière, Salchow ne s’éloigne pas des patinoires. Il devient président de l’Union internationale de patinage de 1925 à 1937. Pendant toutes ces années où il a vu d’autres hommes et femmes patiner sous ses yeux, il a bien dû s’amuser en les écoutant parler de « leurs » Salchow ratés ou de « leurs » magnifiques Salchow !

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