Lara Croft ? Mieux : Lauren Woolstencroft !

Veuillez excuser le jeu de mots facile du titre. C’est une médiocre ruse pour vous attirer vers le portrait d’une sportive d’exception. Car comment parler du ski paralympique sans évoquer Lauren Woolstencroft ? Celle qui a longtemps dominé la discipline est aujourd’hui une retraitée des pistes de 32 ans. Partie au sommet de la gloire en 2010, sans se retourner, sans hésiter. Par son caractère bien trempé, son intelligence et son physique athlétique, Lauren a bien quelques points communs avec Lara, la fameuse héroïne des jeux vidéo. Mais la ressemblance s’arrête là. Lara est brune alors que notre Lauren est blonde. Lara est archéologue quand Lauren skie et décroche en parallèle un diplôme en génie électrique. Lara est britannique tandis que notre championne Lauren est canadienne.

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Après les Jeux de Turin en 2006, la jeune femme hésite à arrêter sa carrière sportive mais l’envie de briller, au Canada, devant son public, a raison de ses doutes. Quatre ans de préparation plus tard, Lauren ne flanche pas. Impériale de bout en bout, elle gagne les cinq épreuves de ski féminin dans la catégorie « debout » à Vancouver en 2010. Un grand Chelem époustouflant. En l’espace de six jours, elle anéantit toute concurrence, laissant parfois ses plus proches adversaires à 7 secondes (en Super-G) voire à 12 secondes (en super-combiné). Avec cinq médailles d’or, Lauren a évidemment l’honneur de porter le drapeau canadien lors de la cérémonie de clôture. A peine rentrée chez elle, miss Woolstencroft annonce ce que tout le monde pressentait : elle arrête pour de bon. Depuis, la jeune femme continue son joli parcours sur une autre route, plus discrète et moins enneigée. Elle s’est mariée avec son petit ami de toujours et s’est complètement investie dans son métier d’ingénieur en électricité. Lauren n’a jamais cherché la lumière lorsqu’elle skiait. Le tourbillon médiatique ne lui manque donc certainement pas. Peu démonstrative et très têtue, Lauren n’a jamais joué à faire le show une fois la ligne d’arrivée franchie. Les médailles étaient le simple prolongement de sa personnalité. Celle d’une petite fille qui s’enfermait au sous-sol de la maison familiale pour s’entraîner des heures durant à faire ses lacets à une main ou à sauter à la corde. Celle d’une petite fille qui n’en sortait que lorsqu’elle maîtrisait totalement le geste. Cette petite fille ne pouvait que devenir une championne.

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Parce que ce qui vous a peut-être échappé jusqu’ici, c’est que Lauren est née sans bras gauche sous le coude et sans jambes sous les genoux. D’où les lacets à une main et l’entraînement acharné pour apprendre à sauter à la corde avec des prothèses. Quant à la passion du ski, elle lui a été transmise par ses parents, tous deux mordus de sports d’hiver. Malgré les handicaps, ils n’imaginent pas laisser leur petite fille sur le bord de la piste. Lauren apprend donc à skier avec des prothèses à l’âge de 4 ans. A 14 ans, elle participe à sa première compétition.

A Salt Lake City en 2002, la Canadienne remporte deux médailles d’or et une médaille de bronze. Quatre ans plus tard, à Turin, elle gagne l’or et l’argent. Et à Vancouver, comme on l’a vu, elle glane cinq médailles d’or. Dix médailles en trois participations aux Jeux paralympiques : quel palmarès ! Alors, cette année, l’ombre de Lauren Woolstencroft planera sans aucun doute sur les pistes de Rosa Khutor, la désormais célèbre station de ski alpin des Jeux d’hiver 2014. Mais nul doute que d’autres skieuses vont nous émerveiller avec leurs exploits et leurs histoires. Ce mélange de sport et de destins incroyables qui rend les Jeux paralympiques uniques.

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Les Jeux paralympiques d’hiver en 5 minutes

Vous avez peu de temps devant vous mais l’envie d’apprendre quelques petites choses sur les Paralympiques d’hiver ? Vous êtes au bon endroit. C’est parti !

Comme beaucoup d’actes fondateurs dans l’histoire des sports hivernaux, les Jeux paralympiques d’hiver sont nés en Suède. C’est la petite localité côtière de Örnsköldsvik qui accueille l’événement en 1976. Pour la première fois, des sportifs handicapés autres que ceux sur chaise roulante ont le droit de participer à des épreuves olympiques. Une belle réussite même s’il aura fallu près de 30 ans aux pionniers du handisport des neiges pour atteindre leur but.

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Petit flashback rapide. En 1945, la Seconde guerre mondiale se termine. De nombreux soldats blessés de guerre rentrent du front et se tournent vers une rééducation par le sport. Les disciplines d’hiver ne sont pas en reste. Certains passionnés se lancent même dans des défis qui paraissent totalement fous à l’époque et c’est du côté de l’Autriche qu’on trouve les premières innovations techniques du ski handisport. Le précurseur se nomme Sepp Zwicknagl. Amputé des deux jambes, cet Autrichien est un des premiers hommes à oser s’élancer sur une piste de ski alpin avec des prothèses ! Autre nouveauté pour les skieurs amputés d’une jambe : le ski sur une jambe avec deux stabilisateurs longs à la place des bâtons. En 1948, 17 skieurs participent à la première dans cette toute nouvelle discipline. En 1949, les championnats autrichiens de ski handisport continuent de faire progresser la discipline vers une reconnaissance globale. L’évolution a l’air rapide. Pourtant, les premiers championnats du monde se font longtemps attendre. Ils ne vont se dérouler qu’en 1974 au Grand-Bornand. Cette fois, il n’y aura plus d’éclipse. Deux ans après ces Mondiaux en France, les Jeux paralympiques font leur entrée dans l’univers des sports d’hiver.

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Lors de la première édition suédoise, les épreuves principales concernent les amputés et les malvoyants en ski alpin et en ski nordique. La course sur luge, un dérivé handisport du patinage de vitesse pour les handicapés moteurs, y est présenté en tant que sport de démonstration. Avec près de 200 participants venus de 16 pays du monde, ces premiers Jeux paralympiques d’hiver connaissent des débuts encourageants.

Jusqu’en 1988, les Jeux paralympiques d’hiver sont organisées dans des villes séparées sans lien avec les Jeux olympiques d’hiver. Ce n’est que depuis les Jeux d’hiver d’Albertville en 1992 que les Paralympiques se tiennent dans les mêmes installations que les Jeux olympiques. Une étape essentielle est alors franchie. Cette année, à Sotchi, les sportifs paralympiques vont ainsi prendre le relais des athlètes olympiques moins de deux semaines après le départ de ces derniers. La fête continue donc et les handisports hivernaux vont avoir l’occasion de se faire connaître du monde entier. Parmi eux, la discipline la plus médiatique est certainement le hockey sur luge. Aussi agressive, spectaculaire et haletante que son homologue pour les valides, elle se différencie sur un aspect important : même si ce n’est pas obligatoire, les équipes peuvent être mixtes. Eh oui, le handisport ose parfois ce que les sports pour valides ne tentent jamais. Quant aux nouvelles disciplines, le curling sur chaise roulante rempile après sa première apparition aux Jeux de Vancouver en 2010 et le para-snowboarding fait son entrée au programme paralympique chez les hommes et chez les femmes.

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Evidemment, vous savez depuis les Jeux de Londres que le sport paralympique n’est pas toujours propre. Et les sports d’hiver ne dérogent pas à la règle. Mais nous n’allons pas terminer cet article sur des histoires de triche sportive. Nous allons plutôt conclure en mode Bisounours sur les mascottes paralympiques russes. Si vous ne les connaissez pas encore, nous vous présentons le duo paralympique : le garçon de feu et la fille de neige. « Luchik », le jeune homme aux cheveux de feu, vient d’une planète où il fait toujours chaud. « Snezhinka », la demoiselle en forme de flocon de neige, débarque, quant à elle, d’une comète glacée. Arrivés sur terre, ils ont réussi à s’adapter, à apprendre les sports d’hiver et même à créer de nouveaux sports paralympiques. Ils sont censés représenter l’harmonie qui peut naître du contraste et prouver que tout est possible. Bisounours, on vous a dit !

Du patinage au saut à ski, l’évolution des Jeux d’hiver au féminin

Pierre de Coubertin n’était pas opposé à la pratique féminine du sport. Avec une sœur écuyère et une mère escrimeuse, comment aurait-il pu l’être ? Ce qu’il n’aimait pas, en revanche, c’était l’idée que ces dames participent à des compétitions publiques. L’organisme de ces petites choses fragiles qui servent principalement à procréer n’était pas capable, selon lui, de résister aux chocs. Voir un corps de femme se briser aux yeux de tous était au-dessus de ses forces. Nous vous épargnons ses plus célèbres phrases sur le sujet. Vous avez compris l’idée globale que défendait ce cher baron. Mais ne soyons pas anachroniques non plus. Au début du 20ème siècle, peu d’hommes avaient une opinion différente de celle du rénovateur des Jeux olympiques. En parallèle de leurs autres combats, les femmes ont donc aussi dû se battre pour obtenir le droit d’être des championnes. Parmi les grandes militantes de la cause du sport féminin, la Française Alice Milliat reste une figure incontournable. Nous en reparlerons plus longuement une autre fois car ses actions méritent le détour.

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Quant à Coubertin, il est toujours président du CIO lorsque s’ouvrent les Jeux d’hiver de Chamonix en 1924. Si les femmes y participent, leur présence reste confinée au patinage artistique (dames et couples mixtes). Mais elles sont bien là et elles ne vont cesser de conquérir de nouveaux sports tous les quatre ans. Pour comprendre l’évolution de la place des femmes dans les Jeux d’hiver, il faut bien passer par quelques chiffres… En 1924 à Chamonix pour les premiers JO d’hiver, 13 femmes seulement participent aux épreuves, soit 5% des sportifs. Grâce à l’ouverture régulière de nouveaux sports aux femmes, elles passent le cap des 100 participantes en 1952 à Oslo puis celui des 200 à Innsbruck en 1964 et celui des 300 à Calgary en 1988. En 1992 à Albertville, elles sont 488 femmes sur un total de 1801, soit 27% des athlètes présents. A partir de là, leur nombre progresse encore plus rapidement avec environ une centaine de sportives en plus par édition pour passer le seuil symbolique des 1000 femmes à Vancouver en 2010. Il y a quatre ans au Canada, les femmes représentaient donc 40% du total. Il faut désormais attendre la fin des Jeux pour obtenir les statistiques officielles mais ce pourcentage aura certainement grimpé à Sotchi.

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Ce qu’on sait déjà, en revanche, c’est qu’il n’y a jamais eu autant d’épreuves ouvertes aux femmes. Sur les 98 épreuves (un record) de ces Jeux, 43 sont féminines et 6 sont mixtes. Les femmes participent donc à pile la moitié des épreuves. Pas mal ! Parmi les nouveautés de cette année, de nombreuses concernent les femmes mais le sport qui fait parler tout le monde, c’est le très spectaculaire saut à ski décliné dans sa version féminine. Enfin les femmes ont le droit de s’élancer dans les airs et de prendre des risques fous comme les hommes. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Maintenant que le saut à ski a rejoint le ski de fond au programme féminin olympique, il ne reste plus qu’au combiné nordique (qui n’est que l’association de ces deux sports dans une seule et même épreuve) de devenir aussi un sport féminin.

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C’est assez simple, en fait. A Pyeongchang en Corée du Sud en 2018, il suffit d’inclure trois épreuves de combiné nordique (comme pour les hommes), de passer à deux épreuves de bobsleigh (comme pour les hommes) et de porter à trois les épreuves de saut à ski (comme pour les hommes), pour que l’égalité soit alors parfaite. CQFD ?

De la naissance des Jeux olympiques d’hiver et de la mort des Jeux nordiques

On a souvent tendance à croire que les Jeux d’hiver sont nés un beau jour de 1924 à Chamonix pour satisfaire le besoin frivole d’une frange privilégiée de la population occidentale de se griser à grands coups d’activités hivernales. Ce n’est pas faux mais la genèse des JO d’hiver n’a pas été aussi spontanée, loin de là. Pendant plus de vingt ans, entre tâtonnements et coups du sort, les sports d’hiver ont cherché leur place dans l’agenda des compétitions internationales.

OR14_JO_HIVER_1924-1990_JO_SOTCHIRetournons d’abord au tout début du 20ème siècle. Avant de devenir olympiques, les sports d’hiver ont déjà besoin d’un événement majeur. C’est chose faite en Suède en 1901 avec les Jeux nordiques. Le succès est au rendez-vous. Ils se déroulent tous les deux ans puis tous les quatre ans jusqu’en 1926. Leur fondateur, le général Balck, est un ami proche de Coubertin. Il aimerait bien que ce dernier intègre des sports d’hiver aux JO mais il lui faut être patient. C’est seulement aux JO de Londres en 1908 que quelques épreuves de patinage artistique viennent agrémenter le programme olympique. Un premier pas est franchi.

Plus téméraire encore, un comte italien propose d’organiser une semaine de sports d’hiver durant les JO de Stockholm en 1912. Mais cette idée ne plaît pas aux frileux organisateurs des Jeux nordiques. L’idée ressurgit une nouvelle fois pour les Jeux de Berlin 1916. Cette fois, c’est sûr, il y aura bien une semaine de compétitions de sports d’hiver aux Jeux olympiques. Sauf que les Jeux de Berlin de 1916 n’ont évidemment jamais eu lieu à cause de la Première guerre mondiale…

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Encore quatre ans d’attente jusqu’aux Jeux d’Anvers en 1920. Mais la semaine de sports d’hiver est temporairement laissée de côté au profit de quelques épreuves de patinage artistique et de hockey sur glace. Des os à ronger pour patienter. La délivrance est proche. Il est finalement décidé que le pays organisateur des JO de 1924, la France, va accueillir une semaine internationale de sports d’hiver sous le patronage du CIO. Cette semaine – qui dure en fait 11 jours – est séparée des épreuves d’été. Elle se déroule à Chamonix.

Voici donc les fameux premiers Jeux olympiques d’hiver de Chamonix. Pourtant, en 1924, ce nom n’existe pas encore. Ce n’est que rétroactivement qu’on donnera à cet événement le privilège d’avoir été le premier. En effet, motivé par le succès des compétitions de Chamonix, le CIO décide l’année suivante de créer des Jeux d’hiver séparés. Pas une semaine internationale gadget mais de vrais Jeux olympiques. Les Jeux d’hiver de Saint-Moritz en 1928 sont donc les vrais premiers Jeux d’hiver, même s’ils sont officiellement les deuxièmes.

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L’éclosion des Jeux d’hiver est un coup dur pour les Jeux nordiques. 1926 sera d’ailleurs la dernière année pour eux. Non pas qu’on ait décidé de les arrêter à partir de là, pas du tout. Les organisateurs ont même tenté plusieurs fois de sauver leurs Jeux. Mais le destin s’est acharné contre l’événement sportif internationalo-suédois. D’abord, le fondateur, Balck, meurt en 1928 en emportant avec lui une bonne partie de l’énergie positive nécessaire à organiser un tel tournoi. En 1930, c’est l’absence de neige qui empêche la tenue des Jeux nordiques. En 1934, c’est au tour de la Grande dépression. Quant à ceux de 1942, la Deuxième guerre mondiale sera une excuse plus que légitime pour les annuler. Les Jeux nordiques ne vont pas s’en remettre. Impossible de rivaliser avec les JO. Ils meurent dans l’indifférence quasi générale.

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que, peu importe le nom ou l’organisateur, les sports d’hiver ont désormais un écrin grandiose pour se faire connaître et se développer.

La boule de cristal a parlé

Un peu avant le début des JO de Sotchi, le cabinet de conseil et d’audit PwC a annoncé ses prévisions de médailles. Après trois expériences estivales, PwC se lançait enfin dans l’analyse des sports d’hiver olympiques. Pour cela, ils ont étudié le PIB, le nombre de stations de ski par habitant, le degré d’enneigement ou encore le climat. Et leurs résultats sont on ne peut plus classiques : les Etats-Unis dominent logiquement le classement, devant l’Allemagne, la Russie (qui devrait connaître un boom de médailles du fait de son rôle de pays hôte) et le Canada. Juste derrière ce quatuor de tête, deux petits pays, l’Autriche et la Norvège, devraient encore une fois démontrer leur excellence en sports de neige. Quant à la France, elle serait 10ème avec 9 médailles.

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L’étude montre clairement les critères importants pour espérer se hisser en haut du classement des sports d’hiver et il faut avouer que l’étude ne présente aucune information renversante. Les sports d’hiver semblent beaucoup plus faciles à analyser que les multiples sports des Jeux d’été. On aurait pu résumer tout ça pour eux il y a bien longtemps sans modélisation et sans boule de cristal : pour gagner, il faut être un pays très riche avec de belles hautes montagnes enneigées, une vraie culture des sports d’hiver très ancrée et des infrastructures de pointe. Facile, non ?OR14_Meteo_Medailles_PwC_JO_SOTCHIMais attention. Si PwC peut avoir vu juste sur des estimations globales par pays, rien n’est plus aléatoire qu’une victoire sportive, évidemment, surtout dans des sports risqués. Et heureusement ! Dans les épreuves de snowboardcross, par exemple, les médaillés sont souvent les premiers surpris de monter sur le podium tant les chutes de favoris sont fréquentes. Même si PwC devrait avoir plus ou moins raison au final, ce qui nous fascinera, ce sera justement toutes les fois où un sportif ou une équipe contredira les sages chiffres calculés par de sages consultants sur de sages tableaux Excel. Ce qui est magique, c’est justement l’interstice où se glisse l’inattendu. C’est bien pour ça qu’on tremble à chaque fois. Rendez-vous après les JO pour une analyse des prévisions de PwC.

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Le miracle était sur la glace

En hockey sur glace, la Guerre froide n’est toujours pas terminée. Chaque duel au sommet entre l’Est et l’Ouest sent le soufre, comme si de son résultat dépendait la domination du monde. D’ailleurs, si c’est le légendaire Vladislav Tretiak qui a été choisi pour allumer la flamme olympique cette année à Sotchi, ce n’est certainement pas un hasard. Tretiak, c’est le gardien de but de la période où l’URSS dominait le hockey sur glace. Il est l’artisan de 3 des 8 titres olympiques remportés entre 1956 et 1988 par la « Machine rouge ». Mais dans cette carrière grandiose, il y a un sacré point noir : Tretiak est un des malheureux acteurs soviétiques de l’affrontement le plus célèbre de l’histoire des Jeux olympiques d’hiver : ce fameux USA-URSS à Lake Placid en 1980. Si vous êtes trop jeunes pour avoir vu ce match ou si le hockey sur glace ne fait pas partie de vos préoccupations quotidiennes, sachez que cette rencontre a été très modestement baptisée « Miracle on ice » par les journalistes américains. Ils ont, c’est vrai, parfois tendance à s’enthousiasmer outre mesure mais on ne peut le leur reprocher cette fois tant le résultat final était inattendu.

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22 février 1980. Le match oppose les jeunes joueurs américains universitaires à l’invincible armée rouge en patins. A l’époque, les joueurs professionnels de la NHL (la ligue nord-américaine de hockey) ne pouvaient pas participer aux JO. Et contrairement à ce que la légende pourrait laisser croire, le match magique n’était pas la finale des JO. En effet, les quatre nations qui étaient sorties en tête des groupes de qualification se rencontraient dans ce qu’on appelle le « medal round ». Le match USA-URSS n’a donc pas permis à lui seul aux Etats-Unis de devenir champions olympiques mais il a joué un rôle tellement fondamental avec l’élimination des grandissimes favoris et l’explosion de la ferveur populaire qu’il peut être considéré comme une « finale » a posteriori. Une semaine avant le début de la compétition, les Américains avaient été corrigés par les Soviétiques dans un match préparatoire joué au Madison Square Garden à New York. Et si l’URSS avait facilement remporté ses premiers matchs de poule, les Américains, eux, avaient dû réaliser plusieurs exploits pour en arriver là. Bref, autant dire que les carottes semblaient cuites pour les Yankees.

Le match est une partition tellement parfaite de suspense qu’il est presque facile à résumer : but soviétique, égalisation américaine, but soviétique, égalisation américaine juste avant la fin de la première période, coup de tonnerre avec le remplacement de Tretiak qui était considéré à l’époque comme le meilleur gardien du monde, égalisation américaine, but soviétique et égalisation américaine encore. A 3-3, le ping-pong au score s’inverse : les Américains marquent et prennent la tête ! Il reste 10 minutes à jouer. Le public est au bord de la crise cardiaque. Le gardien US repousse les offensives soviétiques avec son corps et sans doute toute son âme. Au coup de sifflet final, les Américains ont vaincu les invincibles. Toutes les explications ne pourront vous faire sentir l’hystérie du public et des joueurs américains ce jour-là. Une petite vidéo de la dernière minute du match devrait vous y aider. Deux jours après cet exploit, les USA battent la Finlande et deviennent champions olympiques chez eux. Les Soviétiques rentrent à Moscou avec une décevante médaille d’argent. Un cauchemar sportif mais aussi un affront politique.

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Depuis 1980, cet épisode légendaire fait partie de la mémoire du peuple américain. Parmi les références les plus folles, il y a cet épisode de la 4ème saison de « X-Files » diffusée en 1996 et qui évoque le rôle du fameux homme à la cigarette dans de nombreux événements célèbres du 20ème siècle. Parmi eux, cet aveu savoureux : « The Smoking Man » aurait drogué le gardien de but soviétique afin d’assurer le succès américain en 1980. Seize ans après le match, la victoire semble toujours aussi improbable, au moins pour les scénaristes de la série…

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Quatre ans après l’affront, l’URSS récupère son titre à Sarajevo en 1984. Et la domination soviétique va continuer à Calgary en 1988 ainsi qu’à Albertville sous le drapeau olympique temporaire de l’équipe unifiée de l’ex-URSS. Cela fait aujourd’hui 22 ans que les Russes n’ont pas remporté de titre olympique en hockey sur glace. Il y a fort à parier que l’enthousiasme de jouer à domicile et la légère pression poutinienne (le président a participé en personne à un match contre des stars du hockey à Sotchi) galvaniseront les joueurs. Mais il faudra faire très attention aux tenants du titre canadiens (et accessoirement inventeurs du jeu) ainsi qu’aux Américains qui n’ont plus remporté l’or depuis 1980 et qui rêvent de réitérer le fameux « Miracle on ice » après une éclipse de 34 ans. (Ce qui semble plutôt bien parti étant donné qu’ils viennent de battre les Russes 3-2 ce samedi 15 février 2014)

Quand Salchow faisait le show

Si vous avez regardé ne serait-ce qu’une seule compétition de patinage artistique dans votre vie, vous avez forcément entendu le commentateur s’extasier sur un triple voire un quadruple Salchow. Mais en quoi consiste un Salchow ? C’est très simple : ce saut se prend sur une carre (la partie coupante de la lame) intérieure arrière pour se terminer, après une révolution, sur la carre extérieure arrière avec l’autre pied que celui ayant déclenché le départ. Si ces termes ne vous sont pas familiers, le dessin de Marielle est là pour vous sauver. Vous devriez visualiser le fameux Salchow de façon limpide ! Et ce saut porte évidemment le nom de son inventeur, l’immense champion suédois Ulrich Salchow (que l’on peut voir patiner ici en 1911), qui l’a tenté pour la première fois en compétition en 1909.

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Puisqu’on parle de Salchow, profitons-en pour revenir brièvement sur sa fabuleuse carrière sportive. Avec 10 titres de champion du monde, il reste l’homme le plus titré en patinage artistique. Seules deux patineuses, Sonja Henie dans les années 1920 et 1930 et Irina Rodnina dans les années 1960 et 1970 (cette dernière a allumé la flamme olympique lors de la cérémonie d’ouverture à Sotchi), ont égalé ce record. Il a également remporté l’or olympique aux JO de 1908 à Londres. Le patinage y est intégré pour la première fois au programme olympique, avant même la création des Jeux d’hiver. Au sommet de son art, Salchow est parti pour enchaîner les titres olympiques. Mais il ne peut malheureusement défendre son titre olympique en 1912 pour la simple raison que les organisateurs ont décidé de retirer le patinage artistique des épreuves olympiques. A l’époque, les disciplines entraient et sortaient des JO avec légèreté ou presque. Impossible d’envisager cela de nos jours. La fronde serait trop violente à cause des sommes considérables qui sont en jeu. Revenons à Salchow. En 1916, les JO n’ont pas lieu pour cause de guerre mondiale alors que le patinage artistique aurait dû y faire son retour. Et en 1920, quand le patinage réintègre le programme des Jeux olympiques d’été d’Anvers, Slachow a 43 ans. Il ne se classe que 4ème.

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Après sa brillante carrière, Salchow ne s’éloigne pas des patinoires. Il devient président de l’Union internationale de patinage de 1925 à 1937. Pendant toutes ces années où il a vu d’autres hommes et femmes patiner sous ses yeux, il a bien dû s’amuser en les écoutant parler de « leurs » Salchow ratés ou de « leurs » magnifiques Salchow !

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Norway ? No way !

Si on vous avait demandé quel est le pays le plus médaillé de l’histoire des Jeux d’hiver, il n’est pas certain que vous auriez spontanément répondu « la Norvège, évidemment ! ». Pourtant, quand on y réfléchit, cela n’est pas étonnant. Déjà parce que c’est le pays d’Edvard Munch. Cela n’a bien sûr aucun rapport avec le niveau sportif mais ça ne fait pas de mal. Surtout, la Norvège est régulièrement classée pays le plus démocratique, le plus pacifique ou encore avec le meilleur indice de développement humain. En gros, ça a l’air d’être un pays plutôt sympathique, même si la démocratie et le pacifisme n’ont jamais été des critères pour gagner des médailles. Là où ça devient plus concret, c’est que le royaume des fjords est clairement le cadre idéal pour s’entraîner aux sports d’hiver. Et il est évident que les Norvégiens démontrent depuis les premiers JO d’hiver de Chamonix de 1924 un réel don pour la plupart des épreuves au programme. Le ski de fond, le patinage de vitesse, le combiné nordique, le saut à ski et le ski alpin sont des sports rois chez eux et leur ont rapporté un maximum de breloques.

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En 1952, la Norvège termine première du classement des médailles lors des JO qu’elle organise à Oslo. Dans les calculs olympiques, ce sont les médailles d’or qui comptent d’abord. Si deux pays sont à égalité, on compare ensuite leurs médailles d’argent puis éventuellement celles de bronze. La Norvège est donc le pays qui a gagné le plus de médailles d’or en 1952 à Oslo. Vous allez dire que c’est normal quand un pays accueille les Jeux mais sachez que cela ne s’est plus reproduit jusqu’à Vancouver en 2010. En 1994, la Norvège brille encore en terminant deuxième nation participante en termes de médailles d’or et première au total du nombre de médailles lors des JO dont elle est l’hôte à Lillehammer. En parlant de cette petite ville du comté d’Oppland, faisons une rapide digression dans l’univers des séries : la savoureuse coproduction américano-norvégienne « Lillyhammer » raconte les hilarantes tribulations d’un mafieux italo-américain qui tente de refaire sa vie dans la jolie bourgade de Lillehammer. Au détour d’un épisode, vous y apercevrez même la piste de saut à ski des JO ! Retour à nos moutons olympiques. En 1994 à Lillehammer, la Norvège termine donc deuxième, tout comme quatre ans plus tard à Nagano. Et elle s’était déjà bien préparée en 1992 à Albertville puisqu’elle avait fini troisième. Une époque dorée pour le sport norvégien.

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Vous connaissez certainement – de nom, au moins – plusieurs grands champions norvégiens. Tout d’abord, la légende absolue du ski de fond, Bjorn Daehlie, qui a remporté 8 médailles d’or olympiques durant les années 1990. Il y a aussi le skieur alpin Kjetil André Aaamodt, qui a la particularité d’avoir été le plus jeune champion olympique de Super-G à Albertville à l’âge de 20 ans mais aussi le plus vieux puisqu’il a remporté la même épreuve à Turin à 34 ans. Autre monstre sacré mais toujours en activité : le biathlète Ole Einar Bjorndalen. Il a 7 titres olympiques (le dernier ayant été remporté à Sotchi le 8 février à l’âge de 40 ans), ce qui est déjà énorme, mais il a lui aussi une spécificité : il est tout simplement le sportif le plus titré de l’histoire des sports d’hiver. Pas mal, hein ?

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Heureusement, il n’y a pas que des hommes au pays de A-ha. Tora Berger, qui a été à Vancouver en 2010 la première Norvégienne à remporter une médaille d’or en biathlon, sera une des championnes à suivre à Sotchi. Elle espère y terminer en apothéose sa phénoménale carrière. On lui souhaite de réussir son pari et de rapporter un métal doré dans l’escarcelle de son pays. Si la Norvège aura fort à faire avec les Russes, les Allemands, les Américains, les Canadiens ou encore les Autrichiens, il ne faut jamais sous-estimer les descendants des Vikings quand il s’agit de conquêtes en territoires hostiles.

La tomate volante au royaume de la glisse

Contrairement aux apparences, ce titre digne d’un navet cinématographique n’est pas une énigme. Evidemment, les profanes se demandent qui est cette fameuse tomate volante. Mais les passionnés de snowboard et de skateboard, eux, savent très bien de qui nous allons vous parler. The Flying Tomato n’est autre que Shaun White, sans doute la plus grande star actuelle des sports d’hiver. Quand vous l’aurez vu faire des sauts d’une amplitude de 8 mètres, vous ne douterez plus jamais du caractère aérien du jeune homme. Quant à sa rutilance, attendez qu’il enlève son casque. Sa tête de chanteur de hard rock pré-pubère est encadrée par une chevelure aussi flamboyante que celle de Mérida, la fougueuse héroïne du dessin animé « Rebelle » de Disney. Il y a un an, le sportif de l’extrême a accepté de couper ses boucles pour aider une association qui fournit des perruques aux enfants qui perdent leurs cheveux durant des traitements médicaux. Un beau geste pour lequel il a semblé bien plus stressé que lorsqu’il s’élance du haut d’une rampe !

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Shaun White est un héros américain comme seuls les Etats-Unis en ont le secret. Quand il naît à San Diego en 1986, les fées qui se penchent sur son berceau n’ont apparemment pas dans l’idée d’en faire un grand sportif. Avant l’âge d’un an, le bambin a déjà subi deux opérations à cœur ouvert à cause d’une malformation cardiaque. On a connu des débuts plus faciles. Heureusement, l’inquiétude laisse rapidement la place à l’insouciance. Le gamin vif et agile fait ses débuts en ski. A 6 ans, il s’essaie au snowboard et subjugue par son talent. Un an plus tard, Shaun a déjà un sponsor ! A partir de là, tel un Attila de la glisse, il va tout écraser sur son passage. En snowboard, d’abord, puisqu’il est le double champion olympique en titre en half-pipe (les fameuses compétitions durant lesquelles les riders effectuent des figures en l’air en traversant la fameuse rampe de neige). A Sotchi, Red Zeppelin, un autre de ses surnoms, aimerait remporter une troisième médaille d’or consécutive dans sa discipline favorite. Il serait alors le premier snowboarder à réaliser cet exploit.

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Mais ce n’est pas tout. Une nouvelle discipline fait son entrée aux Jeux d’hiver cette année : le slopestyle (vous savez, cette épreuve un peu délirante durant laquelle les riders passent différents obstacles et enchaînent les figures sur un terrain spécialement conçu pour eux). Et Shaun White ne serait pas contre l’idée de ramener une autre médaille dans ce nouveau sport olympique le 8 février. Même s’il a dû arracher sa qualification après une chute dans les sélections américaines et s’il a avoué il y a quelques jours que le terrain de slopestyle de Sotchi lui semblait intimidant. Mais les grands champions n’aiment rien de plus que les défis les plus fous, n’est-ce pas. (Shaun a finalement déclaré forfait pour le slopestyle…)

Et quand la neige fond, nous direz-vous. Que fait ce jeune homme hyperactif ? Du skateboard, pardi. Et là encore, il a oublié d’être mauvais. Accumulant les médailles dans ce domaine, Shaun est d’ailleurs devenu le premier sportif à remporter la compétition annuelle de sports extrêmes, les célèbres X Games, dans deux sports différents en hiver et en été.

OR14_Flying_tomato_shaun_white_JO_SotchiNe vous fiez pas à son air nonchalant, son groupe de rock avec ses potes et son charmant sourire. Shaun White est un archi professionnel qui s’entraîne sans relâche avec une équipe aux petits soins autour de lui. Il est aussi le sportif le mieux payé de ces Jeux d’hiver avec plus de 8 millions de dollars de revenus annuels. Plusieurs jeux vidéo portent même son nom. Mais le staff, l’argent ou les sponsors n’auront aucun poids au moment de s’élancer du half-pipe le 11 février. Seul contre tous. Seul contre lui-même. Avec un nouveau saut hallucinant dans sa besace, Shaun va prendre tous les risques pour nous faire rêver une nouvelle fois. S’il échoue, il nous brisera le cœur. S’il réussit, la tomate volante brillera définitivement tel un rubis au firmament du sport.

Jason et la quête de la Toison d’or

Rencontrer le porte-drapeau de la délégation française pour les Jeux de Sotchi était la surprise à laquelle les Onions étaient conviés mardi 5 novembre à Paris. Eh oui, le fameux Jason Lamy-Chappuis était là et il n’était pas venu seul : il était accompagné de sa maman ! Pourquoi un jeune homme de 27 ans vient-il participer à une conférence de presse avec sa mère ? Parce que le duo est l’image française choisie par Procter&Gamble pour représenter le groupe aux JO de Sotchi. Peut-être vous souvenez-vous de la magnifique campagne « Thank you Mum » durant les Jeux de Londres en 2012 ? Nous en avions déjà parlé ici sur le blog car nous l’avions trouvée vraiment émouvante. Visiblement, nous n’étions pas les seules. Le spot a connu une immense célébrité partout dans le monde et P&G a décidé de continuer à mettre les mères en avant. Et ça donne lieu à un nouveau joli spot pour les Jeux d’hiver. 28 sportifs internationaux racontent les liens très forts qui les unissent à leur mère. En France, c’est donc le champion olympique du combiné nordique à Vancouver en 2010 et sa mère, Annette, qui en sont devenus les ambassadeurs. Et Jason ne s’arrête pas là : outre le rôle prestigieux de porte-drapeau de la délégation bleu-blanc-rouge et celui d’ambassadeur P&G, il est aussi ambassadeur de Gillette avec son père, cette fois. De nombreuses responsabilités que le jeune Franco-Américain prend avec humilité et bonne humeur. Rencontre avec notre champion.

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Né aux États-Unis en 1986 d’une mère américaine et d’un père français, Jason débarque en France à l’âge de 5 ans. Il n’en repartira plus, sauf durant les vacances d’été lorsqu’il traverse l’Atlantique pour aller rejoindre ses très nombreux cousins américains. Durant ces voyages en avionentre le Montana et la France, Jason se découvre une passion : voler le plus haut possible. Et ce rêve ne le quittera plus, malgré l’or olympique, malgré les entraînements, malgré les sollicitations. Lui qui sait déjà comment approcher les étoiles avec des skis apprend aujourd’hui à piloter un avion.

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Grâce à ses parents qui désirent qu’il s’essaie à tout, Jason pratique de nombreuses activités physiques durant son enfance. Et c’est finalement le combiné nordique qui devient sa discipline fétiche. Ce double sport d’origine norvégienne allie la force physique et la maîtrise technique (saut à ski) avec l’endurance et la résistance (ski de fond). S’il en est aujourd’hui une des stars incontestées, Jason a longtemps été un sportif de bon niveau sans être le meilleur. Une chute à 12 ans a même failli lui faire tout arrêter. Heureusement, sans pression, il s’y est remis tout seul. Jusqu’à l’âge de 16-17 ans, il est bon. Et puis, un jour, en 2003, il gagne. D’un coup, il devient le premier. A l’aise dans ce rôle, il ne cesse de s’améliorer et d’étoffer son palmarès. Jusqu’à Vancouver en 2010 où il gagne l’or olympique dans les derniers mètres en battant le favori américain avec les tripes et la rage.

Annette-par-Marielle-5-nov-2013

Dans le public, Annette exulte. Elle est aux côtés de son mari Daniel, le père de Jason, qui ne manque jamais d’apporter sa canne à pêche magique qui se transforme en une fraction de seconde en immense porte-drapeau français. Visiblement, dans la famille, on aime porter les drapeaux tricolores ! Dans quelques semaines, sur les bords de la mer Noire, Jason saura immédiatement où se trouvent ses parents dans la foule une fois la ligne d’arrivée franchie : les sifflets stridents de sa mère et le gigantesque drapeau français de son père sont impossibles à rater. Tel le héros grec dont il porte le nom, notre champion Jason est vraiment bien entouré dans sa nouvelle quête de la Toison d’or olympique.