La boule de cristal a parlé

Un peu avant le début des JO de Sotchi, le cabinet de conseil et d’audit PwC a annoncé ses prévisions de médailles. Après trois expériences estivales, PwC se lançait enfin dans l’analyse des sports d’hiver olympiques. Pour cela, ils ont étudié le PIB, le nombre de stations de ski par habitant, le degré d’enneigement ou encore le climat. Et leurs résultats sont on ne peut plus classiques : les Etats-Unis dominent logiquement le classement, devant l’Allemagne, la Russie (qui devrait connaître un boom de médailles du fait de son rôle de pays hôte) et le Canada. Juste derrière ce quatuor de tête, deux petits pays, l’Autriche et la Norvège, devraient encore une fois démontrer leur excellence en sports de neige. Quant à la France, elle serait 10ème avec 9 médailles.

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L’étude montre clairement les critères importants pour espérer se hisser en haut du classement des sports d’hiver et il faut avouer que l’étude ne présente aucune information renversante. Les sports d’hiver semblent beaucoup plus faciles à analyser que les multiples sports des Jeux d’été. On aurait pu résumer tout ça pour eux il y a bien longtemps sans modélisation et sans boule de cristal : pour gagner, il faut être un pays très riche avec de belles hautes montagnes enneigées, une vraie culture des sports d’hiver très ancrée et des infrastructures de pointe. Facile, non ?OR14_Meteo_Medailles_PwC_JO_SOTCHIMais attention. Si PwC peut avoir vu juste sur des estimations globales par pays, rien n’est plus aléatoire qu’une victoire sportive, évidemment, surtout dans des sports risqués. Et heureusement ! Dans les épreuves de snowboardcross, par exemple, les médaillés sont souvent les premiers surpris de monter sur le podium tant les chutes de favoris sont fréquentes. Même si PwC devrait avoir plus ou moins raison au final, ce qui nous fascinera, ce sera justement toutes les fois où un sportif ou une équipe contredira les sages chiffres calculés par de sages consultants sur de sages tableaux Excel. Ce qui est magique, c’est justement l’interstice où se glisse l’inattendu. C’est bien pour ça qu’on tremble à chaque fois. Rendez-vous après les JO pour une analyse des prévisions de PwC.

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Une journée aux Jeux : le guide du bon spectateur

C’est bien de parler des Jeux olympiques mais c’est bien aussi d’aller voir un peu comment ça se passe. Récit d’une journée londonienne pour assister au fleuret masculin à l’ExCeL et, en bonus, quelques conseils pour être un bon spectateur.

L’ExCeL, ce n’est pas un des logiciels de Microsoft Office mais bien le nom d’un des sites sportifs de ces JO. Il accueille 7 disciplines, dont l’escrime.

Si vous avez un billet, c’est que vous faites partie des chanceux qui en ont obtenu, malgré un système compliqué qui n’a pas réellement bien fonctionné puisque de nombreuses chaises vides dans les différentes compétitions au début des JO ont fait bondir les téléspectateurs. Premier conseil pour être un bon spectateur : avoir les moyens. À moins que vous ne viviez à Londres ou dans une ville aux alentours, vous avez dû venir en train ou en avion, vous offrir un hôtel et payer vos places. Et vous allez sans doute vous acheter quelques babioles en souvenir. Un budget costaud qui fait naturellement le tri entre potentiels spectateurs et simples téléspectateurs condamnés à le rester. Tout le monde ne peut pas être un bon spectateur.

L’ExCeL, c’est loin. Il faut compter environ une heure de trajet si vous êtes dans Londres. Heureusement, les Londoniens avaient tellement peur des JO qu’ils semblent avoir pour beaucoup déserté la capitale. À la station Canary Wharf, un des principaux quartiers d’affaires de la ville, les valeureux travailleurs en costumes descendent et laissent la rame aux petits chanceux en tenues bariolées qui vont passer la journée à regarder du sport. Un dernier train de banlieue et quelques minutes de marche plus tard, c’est l’arrivée. Guidée et contrôlée par des volontaires particulièrement souriants et attentionnés, la foule est rapidement dirigée vers l’intérieur. Un petit café puis les choses sérieuses commencent enfin. Pour être un bon spectateur, il faut être en bonne forme physique et porter des baskets.

4 pistes d’escrime, illuminées en bleu, jaune, rouge et vert, accueillent les spectateurs répartis tout autour. Les huit premiers fleurettistes font leur entrée. Les quatre rencontres commencent simultanément. Huit autres fleurettistes les suivent quelques minutes plus tard. La matinée file au gré des matches et des petites pauses pour aller chercher à manger et à boire. Entre 10h30 et 16h, les spectateurs auront finalement tout vu des 32e de finale aux quarts de finale inclus. Un vrai marathon de rencontres. Le dernier match aura d’ailleurs été la petite sensation de la journée avec un Égyptien se hissant en demi-finales après avoir battu un Italien pourtant favori. Il finira d’ailleurs médaillé d’argent en soirée. Un événement de taille puisqu’il est ainsi devenu le premier Africain à remporter une médaille olympique en escrime aux JO. Pour être un bon spectateur, il faut vraiment aimer le sport. Parce que c’est long et un peu obscur, parfois, le fleuret…

Une fois les compétitions terminées, le retour est une aventure en soi. Des milliers de spectateurs veulent tous entrer dans le même train. Heureusement, les organisateurs ont bien pensé les choses. Même si on piétine un peu, même si on est entouré par des tas de gens, on avance étape par étape pour finalement entrer dans un train pas si bondé que ça. C’est vraiment bien organisé et l’humour britannique fait agréablement passer le temps. Mais il va falloir changer pour prendre un métro, qui aura, lui aussi, de bonnes chances d’être vraiment très rempli. Et peut-être encore un autre. Dernier conseil pour être un bon spectateur : il faut être patient et surtout ne pas être claustrophobe. Une petite crise d’hystérie ferait mauvais genre dans le pays du flegme absolu…

Bilan de cette journée : Londres a vraiment bien préparé ses JO. Et si vous êtes riche, physiquement au top et si vous aimez les espaces clos avec plein de gens dedans, vous devriez vous sentir comme un poisson dans l’eau !