Le livre arrive le 4 mai !

Chers lecteurs,
C’est avec une joie non dissimulée que nous vous annonçons la sortie prochaine de notre livre « Les Jeux olympiques en anecdotes et dessins » aux éditions Aux Forges de Vulcain !
Nous avons sélectionné les meilleurs articles et dessins olympiques et paralympiques du blog remis au goût du jour.

Pour les amoureux du sport mais encore plus pour les curieux, fans de dessin, d’actualité et d’anecdotes.
Vous pouvez d’ores et déjà pré-commander votre exemplaire ici :
A très bientôt en librairies !
Marielle et Sara
Couverture livre

La couverture du livre « Les Jeux olympiques en anecdotes et dessins » – éditions Aux Forges de Vulcain

 

 

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Les Jeux paralympiques d’hiver en 5 minutes

Vous avez peu de temps devant vous mais l’envie d’apprendre quelques petites choses sur les Paralympiques d’hiver ? Vous êtes au bon endroit. C’est parti !

Comme beaucoup d’actes fondateurs dans l’histoire des sports hivernaux, les Jeux paralympiques d’hiver sont nés en Suède. C’est la petite localité côtière de Örnsköldsvik qui accueille l’événement en 1976. Pour la première fois, des sportifs handicapés autres que ceux sur chaise roulante ont le droit de participer à des épreuves olympiques. Une belle réussite même s’il aura fallu près de 30 ans aux pionniers du handisport des neiges pour atteindre leur but.

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Petit flashback rapide. En 1945, la Seconde guerre mondiale se termine. De nombreux soldats blessés de guerre rentrent du front et se tournent vers une rééducation par le sport. Les disciplines d’hiver ne sont pas en reste. Certains passionnés se lancent même dans des défis qui paraissent totalement fous à l’époque et c’est du côté de l’Autriche qu’on trouve les premières innovations techniques du ski handisport. Le précurseur se nomme Sepp Zwicknagl. Amputé des deux jambes, cet Autrichien est un des premiers hommes à oser s’élancer sur une piste de ski alpin avec des prothèses ! Autre nouveauté pour les skieurs amputés d’une jambe : le ski sur une jambe avec deux stabilisateurs longs à la place des bâtons. En 1948, 17 skieurs participent à la première dans cette toute nouvelle discipline. En 1949, les championnats autrichiens de ski handisport continuent de faire progresser la discipline vers une reconnaissance globale. L’évolution a l’air rapide. Pourtant, les premiers championnats du monde se font longtemps attendre. Ils ne vont se dérouler qu’en 1974 au Grand-Bornand. Cette fois, il n’y aura plus d’éclipse. Deux ans après ces Mondiaux en France, les Jeux paralympiques font leur entrée dans l’univers des sports d’hiver.

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Lors de la première édition suédoise, les épreuves principales concernent les amputés et les malvoyants en ski alpin et en ski nordique. La course sur luge, un dérivé handisport du patinage de vitesse pour les handicapés moteurs, y est présenté en tant que sport de démonstration. Avec près de 200 participants venus de 16 pays du monde, ces premiers Jeux paralympiques d’hiver connaissent des débuts encourageants.

Jusqu’en 1988, les Jeux paralympiques d’hiver sont organisées dans des villes séparées sans lien avec les Jeux olympiques d’hiver. Ce n’est que depuis les Jeux d’hiver d’Albertville en 1992 que les Paralympiques se tiennent dans les mêmes installations que les Jeux olympiques. Une étape essentielle est alors franchie. Cette année, à Sotchi, les sportifs paralympiques vont ainsi prendre le relais des athlètes olympiques moins de deux semaines après le départ de ces derniers. La fête continue donc et les handisports hivernaux vont avoir l’occasion de se faire connaître du monde entier. Parmi eux, la discipline la plus médiatique est certainement le hockey sur luge. Aussi agressive, spectaculaire et haletante que son homologue pour les valides, elle se différencie sur un aspect important : même si ce n’est pas obligatoire, les équipes peuvent être mixtes. Eh oui, le handisport ose parfois ce que les sports pour valides ne tentent jamais. Quant aux nouvelles disciplines, le curling sur chaise roulante rempile après sa première apparition aux Jeux de Vancouver en 2010 et le para-snowboarding fait son entrée au programme paralympique chez les hommes et chez les femmes.

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Evidemment, vous savez depuis les Jeux de Londres que le sport paralympique n’est pas toujours propre. Et les sports d’hiver ne dérogent pas à la règle. Mais nous n’allons pas terminer cet article sur des histoires de triche sportive. Nous allons plutôt conclure en mode Bisounours sur les mascottes paralympiques russes. Si vous ne les connaissez pas encore, nous vous présentons le duo paralympique : le garçon de feu et la fille de neige. « Luchik », le jeune homme aux cheveux de feu, vient d’une planète où il fait toujours chaud. « Snezhinka », la demoiselle en forme de flocon de neige, débarque, quant à elle, d’une comète glacée. Arrivés sur terre, ils ont réussi à s’adapter, à apprendre les sports d’hiver et même à créer de nouveaux sports paralympiques. Ils sont censés représenter l’harmonie qui peut naître du contraste et prouver que tout est possible. Bisounours, on vous a dit !

Un drapeau, un sourire, une médaille d’or 40 ans après

Seule médaille d’or et seule médaille tout court de l’Ouganda cette année. Mais quelle médaille ! Stephen Kiprotich a gagné dimanche matin la dernière épreuve de l’athlétisme : le marathon. Il a déjoué tous les pronostics pour battre les Kenyans. Les grands favoris de la course ratent encore une fois le titre suprême sur les courses de fond, après le 5000 mètres et le 10 000 mètres remportés par Mo Farah, l’athlète britannique d’origine somalienne. Une grande déception pour le Kenya, qui pourra un peu se consoler (ou pas) car le champion olympique s’entraîne au Kenya depuis quelques années.

Kiprotich offre ainsi à son pays sa première victoire en marathon olympique et sa première médaille depuis 1996. Il rejoint John Akii-Bua, vainqueur du 400 mètres haies à Munich en 1972, comme deuxième champion olympique de l’histoire de son pays. Akii-Bua fut le premier athlète à instaurer le tour d’honneur avec un drapeau national. En digne successeur, Kiprotich portant le drapeau ougandais lors du passage de la ligne d’arrivée après 42,195 kilomètres restera comme une des images marquantes des Jeux de Londres.

Comment rater la finale du 200 mètres devant sa télé : les JO vus des États-Unis

Impossible de faire une étude objective de la médiatisation des Jeux Olympiques aux USA en quelques jours. Ce sera donc une anecdote totalement subjective qui nous servira d’exemple unique.

Les États-Unis d’Amérique sont le pays du sport de haut niveau et des chaînes de télé à profusion. A priori, le rêve pour regarder à peu près tous les sports des JO en même temps. Faux.

Les Américains mettent tout en scène. Même les JO, qui n’ont pourtant pas vraiment besoin d’être plus mis en scène qu’ils ne le sont déjà. Les Américains filtrent l’info pour faire monter l’excitation du public. Ils organisent ainsi un prime time tous les soirs à 20h pour montrer les grands moments de la journée olympique. Une grande fête sportive dédiée quasi intégralement à leur délégation. Vu le nombre de médailles qu’ils gagnent, leur présence dans une multitude de sports et leur capacité à s’enthousiasmer, ça reste relativement compréhensible comme mode de fonctionnement et agréable à regarder.

Les Américains ne suivent que les Américains donc. Rien de bien original puisque les Français font de même (allez sur le site de L’Equipe et essayez d’obtenir une info en page d’accueil qui ne concerne pas un Français durant les JO), les Britanniques font pareil (la BBC donne des envies de meurtre à tout non Britannique qui soutient un sportif d’une équipe adverse) et ça doit être le cas de tout pays qui a au moins quelques chances de médailles. Jusqu’ici, rien de blâmable.

Le tournant a lieu le jeudi 9 août à 15h52. Je m’aperçois que la finale du 200 mètres va se courir dans 3 minutes. Je dévale les escaliers. Les autres habitants de la maison, qui regardent la finale féminine de football, acceptent de bon gré de me laisser changer de chaîne. Je zappe furieusement, je tombe sur du basket avec les filles US, je zappe encore, je tombe sur du foot avec les filles US, je tente le guide des chaînes, je zappe encore. Aucune trace du 200 mètres. Il est 15h58. J’abandonne. La finale avait lieu il y a 3 minutes. Je monte dans ma chambre et j’apprends sur Internet qu’Usain Bolt vient de gagner sa 2ème médaille d’or des Jeux. Et je vais devoir attendre le soir pour espérer voir la course à la télévision. Totalement surréaliste. Finalement, rater une telle finale devant une télé qui marche et qui a plus de 1000 chaînes, c’est une sorte d’exploit en soi…

Que sont-ils devenus ? La deuxième vie des athlètes

Une carrière d’athlète se termine généralement vers l’âge de 30 ans. Lorsque la gloire s’arrête, le sportif doit faire autre chose de sa vie. Quand il s’agit d’une star, ce n’est souvent pas l’argent qui le guide. Plutôt le besoin de s’occuper. Retour sur quelques parcours post-compétition de légendes de l’athlétisme.

La reconversion classique pour les anciennes célébrités de l’athlétisme est de rester dans le milieu du sport. Devenir consultant pour les médias est très fréquent. Michael Johnson, icône du 200 m et du 400 m, est devenu consultant pour des télés et des journaux américains et européens. Idem pour Marie-José Perec, qui est devenue consultante en athlétisme pour la presse écrite.

D’autres, plutôt que de commenter les exploits des nouvelles générations, décident de s’impliquer dans les organes de décision du sport. Ils rangent alors les crampons et sortent le costume-cravate. Sergei Bubka, l’ancien perchiste ukrainien, est ainsi membre du Comité International Olympique (CIO) depuis qu’il a pris sa retraite sportive. Tout comme Hicham El Guerrouj, ancienne star marocaine du demi-fond. Jonathan Edwards, le champion britannique de triple saut, outre une nouvelle carrière de consultant, s’est impliqué dans le comité d’organisation des JO de Londres.

Un rôle dans les instances sportives n’est pas incompatible avec le business. Bubka est également un redoutable homme d’affaires (il est le propriétaire d’une des banques d’affaires privées de son pays, banque qui a récemment été nationalisée) et El Guerrouj, après avoir terminé des études en management et marketing sportif, est devenu le distributeur exclusif de Nike au Maroc.

Et pour les boulimiques de l’activité, il y a aussi la politique. En plus de toutes ses autres casquettes, Bubka fait de la politique en Ukraine. Carl Lewis, qui a récemment avoué ne pas être un grand fan d’athlétisme et dit qu’il allait plutôt s’intéresser à l’escrime durant ces JO, a, quant à lui, voulu se lancer dans la bataille des sénatoriales du côté démocrate dans le New Jersey, l’Etat où il a grandi. Sa candidature a été rejetée car il ne remplissait pas les conditions de résidence. Il devra donc attendre avant de débuter dans ce nouveau type de compétition.

Certains athlètes se reconvertissent dans d’autres sports. Jean Galfione, champion olympique à la perche à Atlanta en 1996, s’est ainsi tourné vers la voile, son autre passion, avec des courses prestigieuses et des reportages télévisés à bord de son voilier. D’autres continuent dans le même sport bien après l’âge de la retraite sportive. Merlene Ottey, l’athlète jamaïcaine naturalisée slovène, continue à courir… À plus de 52 ans !

Mais certains destins se terminent de façon tragique. Pierre Quinon, champion olympique 1984 à la perche également, avait connu une reconversion originale : camion de rôtisserie pour gagner sa vie et peinture abstraite comme moyen d’expression. Mais, rattrapé par ses démons, il s’est suicidé en 2011. Une triste fin qui montre, dans son aspect le plus extrême, que la retraite sportive est difficile à vivre et qu’il est essentiel pour les anciens athlètes, même s’ils étaient des stars, de bien négocier ce tournant de leur vie.

Reste à savoir ce que vont devenir les Bolt, Isinbayeva, Sanchez et compagnie. Difficile de les imaginer ailleurs que sur une piste d’athlétisme pour le moment. Rendez-vous dans une dizaine d’années pour voir qui a choisi les projecteurs des médias, qui a voulu tenter le challenge politique et qui est devenu acteur !

L’Inde, nain olympique et énigme sportive

Il a beaucoup été question de l’Inde lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Londres. Pas pour sa délégation de sportifs mais parce qu’une jeune inconnue a réussi à s’incruster à côté du porte-drapeau de la délégation. Drôle de fait de gloire.

L’Inde n’a jamais été une grande nation olympique, même si elle participe aux JO depuis 1900 avec un seul athlète (d’origine britannique) et depuis 1920 avec une délégation. Elle a remporté des médailles principalement en hockey sur gazon, sport national, qu’elle a dominé jusqu’en 1980. Sa première médaille en individuel ne date que de 2008 au tir à la carabine. Quelles sont les raisons de ce retard malgré une population de plus d’1,2 milliard d’habitants, un fantastique réservoir qui devrait pourtant receler un potentiel élevé de champions ?

Tout d’abord, chaque pays a ses sports rois. Or, la passion dévorante des Indiens est le cricket, qui n’est pas un sport olympique. C’est dommage car c’est, de très loin, le sport qui galvanise le plus les foules. Chose souvent incompréhensible pour les pays qui ne font pas partie de l’ancien empire britannique tant le cricket est long, compliqué et relativement ennuyeux. C’est pourtant celui qui met le mieux les Indiens en valeur et leur permet de se mesurer à l’ancien colon britannique et au voisin pakistanais. L’autre sport national, le hockey sur gazon, a apporté beaucoup de médailles d’or à l’Inde aux JO mais ce n’est plus le cas depuis les années 80. Bilan mitigé sur les sports préférés donc.

Pendant longtemps, le sport n’a pas été une priorité pour cette démocratie en développement. À quoi bon dépenser de l’argent dans ce domaine a priori futile quand il y avait tellement d’autres choses à faire pour le pays ? Quelques histoires rapportées par des sportifs indiens montrent bien la désinvolture voire le désintérêt total des pouvoirs publics et des organismes sportifs. Abhinav Bindra, le fameux premier médaillé d’or à Pékin en tir, a raconté que le comité olympique indien lui avait fait livrer des chaussures de tir de la mauvaise pointure en 2008 : du 45 pour le pied gauche, du 41 pour le pied droit… Et quand, quelques années plus tôt, il avait réalisé un score parfait de 400 points à l’âge de 14 ans, celui-ci n’aurait pas été validé parce que ce score n’avait encore jamais été réalisé en Inde… Ces anecdotes illustrent une des raisons souvent invoquées pour expliquer l’absence de l’Inde au plus haut niveau mondial : l’exclusion culturelle du record et de la performance. Avec une seule exception acceptée par tous : le cricket. Mais les temps ont, semble-t-il, changé et les aspirations de la classe moyenne indienne se reflètent aujourd’hui dans un changement des mentalités à propos du sport. Il n’est apparemment plus mal vu de vouloir gagner.

Pour briller à l’international, un pays a besoin de bons programmes d’entraînement structuré. Ce n’est pas le cas en Inde. Suite à ce constat, le milliardaire Lakshmi Mittal a décidé d’aider son pays en donnant de l’argent de sa fortune personnelle pour créer le Mittal Champions Trust, qui se concentre depuis quelques années sur des sports tels que le tir à l’arc, la boxe, la lutte ou encore le squash. Le cricket ne fait pas partie des sports soutenus. Si les résultats ne sont pas encore très impressionnants, le pays progresse peu à peu : l’Inde est revenue de Pékin avec de l’or en individuel pour la première fois de son histoire et a actuellement 3 médailles à Londres (une en argent et deux en bronze). Elle a aussi réalisé un beau parcours lors des Jeux du Commonwealth en 2010 (2ème, loin derrière l’Australie mais devant l’Angleterre). La volonté et l’argent du milliardaire pourraient être un déclencheur, surtout que les pouvoirs publics ont aussi décidé de s’intéresser au sport. 50 millions de dollars ont ainsi été donnés par le gouvernement pour son équipe olympique à Londres. Et pour motiver les sportifs, Sahara Group, qui sponsorise notamment l’écurie de Formule 1 Force India, a promis 5 kilos d’or pour chaque médaillé d’or.

Il faudra attendre la fin des JO de Londres et surtout ceux de Rio en 2016 pour voir si ces investissements et ces incitations ont un réel impact sur les résultats olympiques indiens. Et voir si les Indiens ont envie de délaisser pour un temps le cricket afin de soutenir leurs autres sportifs !

100 mètres, 10 secondes et un peu d’éternité

S’il y a bien un sujet sur lequel tout le monde s’accorde, c’est que la finale masculine du 100 mètres est un must olympique. Celle de dimanche soir, la plus rapide de l’histoire, n’a pas dérogé à la règle. Programmée en soirée, annoncée dès le début des épreuves d’athlétisme, elle ne souffre aucune excuse. C’est vrai, après tout : qui a mieux à faire pendant 10 secondes ?

Pourquoi le 100 mètres est-elle l’épreuve reine de l’athlétisme et, au-delà, des Jeux olympiques ? Pourquoi est-ce que cette course qui dure moins de 10 secondes arrête-t-elle le temps ? Les explications sont nombreuses. En voici quelques-unes.

La première est historique. Les Jeux olympiques antiques tournaient principalement autour de l’athlétisme. Cette filiation est restée lorsque Coubertin a rénové les Jeux. L’athlétisme est toujours la seule discipline dont les épreuves ont lieu dans le stade olympique où brûle la flamme. Un privilège géographique et symbolique qui place l’athlétisme au-dessus des autres. Et parmi ces sports athlétiques, le 100 mètres est le plus court, le plus dramatique et un des plus télégéniques.

La deuxième est due à la personnalité de ses athlètes. Le 100 mètres compte certaines des plus grandes stars de l’histoire du sport. De Jesse Owens aux JO de Berlin en 1936 à Usain Bolt à Pékin en 2008 et à Londres cette année en passant par Carl Lewis à Los Angeles en 1984, les icônes sont inoubliables. Les « showmen » américains des années 1990 (Maurice Greene et consorts), auxquels ont succédé les Jamaïcains, sont aussi venus apporter un supplément théâtral très apprécié des médias.

Lorsqu’un scandale vient frapper la réputation du 100 mètres, il ne fait finalement que renforcer sa légende. Ben Johnson à Séoul en 1988 survole la finale en 9’79 ». Même le King Carl, 2ème de la course, paraît ridicule à côté du Canadien. Mais, très vite, la vérité éclate : Ben Johnson est reconnu coupable de dopage aux stéroïdes anabolisants. Il est déchu de son titre et de son record du monde et ne retrouvera jamais son niveau (il sera même une nouvelle fois suspendu pour dopage en 1993). Il faudra attendre 2005 pour que le record invalidé de Johnson soit réellement battu. Asafa Powell, le Jamaïcain, court en 9’77 ». Entre temps, l’Américain Tim Montgomery avait fait 9’78 » en 2002 mais il avait, lui aussi, été reconnu coupable de dopage par la suite…

Le 100 mètres féminin est moins suivi que celui des hommes et l’une des raisons est directement liée au dopage. Le record du monde du 100 mètres féminin est toujours détenu par Florence Griffith-Joyner (10’49 ») depuis les mêmes Jeux de Séoul. Si le dopage de Ben Johnson a été rapidement prouvé, celui de l’athlète américaine n’a jamais pu l’être, même si personne ne doute aujourd’hui qu’elle ait été dopée. Son décès prématuré en 1998 à l’âge de 38 ans n’a fait que renforcer l’évidence du dopage. Son record n’a toujours pas été approché à moins de 15 centièmes et ce, après 24 ans. L’athlétisme, avide de records, n’aime pas qu’ils restent invaincus aussi longtemps. Le public se désintéresse si aucun record important n’a une chance d’être battu. La seule qui ait apporté un vrai regain d’intérêt pour la discipline a été Marion Jones entre 1997 et le début des années 2000. Malheureusement, elle fut, elle aussi, convaincue de dopage. Et ce n’est pas surprenant quand on sait que son conjoint de l’époque n’était autre que la star masculine du 100 mètres : Tim Montgomery.

Aujourd’hui, les performances des athlètes semblent un peu moins sujettes à débat. Les  9’58 » de Bolt sont un chrono hallucinant mais rares sont les polémiques sur son compte. Quelques soupçons de dopage ont bien sûr couru. Jusqu’ici sans fondement, semble-t-il. Pourvu que ça dure. Pour être appréciées à leur juste valeur par les (télé)spectateurs, ces presque 10 secondes doivent être vécues sans l’ombre d’un doute.

Les Jeux mondiaux, les Jeux olympiques parallèles

À côté des célébrissimes Jeux olympiques, il existe un événement multi-sport à l’envergure grandissante et qui se tient tous les 4 ans depuis 1981 : les Jeux mondiaux (World Games). Ces Jeux réunissent des sports non olympiques et il y a de bonnes chances pour que vous n’ayez jamais entendu parler de cet événement pourtant conséquent. Petit coup de projecteur sur cette compétition méconnue.

Sorte de JO « off », les Jeux mondiaux ne sont pourtant pas des Jeux anti-olympiques. Bien au contraire puisque le Comité International Olympique donne son patronage à l’International World Games Association, qui préside les Jeux mondiaux. Et, depuis 2004, pour qu’un sport puisse espérer entrer dans le programme olympique, il doit avoir au moins fait partie des disciplines représentées lors des Jeux mondiaux précédents. Une sorte d’antichambre des JO. Un long purgatoire aussi, parfois, lorsqu’un sport déchu est « récupéré » par les Jeux mondiaux. Le tir à la code, ancien sport olympique (de 1900 à 1920), fait ainsi désormais partie des Jeux mondiaux.

La différence de taille avec les JO, en dehors de la médiatisation très faible, est que la ville organisatrice ne doit construire aucune nouvelle installation pour les Jeux mondiaux. Si l’installation n’existe pas, le sport n’y sera pas cette année-là. Du coup, le nombre de sports varie d’une édition à l’autre. Il y en a environ toujours une trentaine. Parmi les classiques, on compte le karaté, le ju-jitsu, le squash ou encore le trampoline. Certains sports, moins universellement connus, y ont également leur compétition. Comme le korfball, sorte de basketball qui a la particularité d’être un sport mixte, ou encore l’ultimate, qui est un genre de rugby se jouant avec un frisbee.

Autre particularité : lors de la cérémonie d’ouverture, les sportifs défilent non pas par nationalité mais par discipline sportive. Une belle idée simple qui prouve que l’amour du sport peut concrètement réunir les peuples.

Après les États-Unis et l’Europe (Allemagne, Finlande, Pays-Bas, Angleterre), les Jeux mondiaux ont récemment découvert de nouveaux continents. Taïwan a accueilli l’édition 2009 et Cali en Colombie sera la ville hôte en 2013. Ils étaient plus de 4500 sportifs venant de 100 pays différents à participer aux Jeux mondiaux 2009. Ils seront encore plus nombreux à Cali. Peut-être que les grandes chaînes de télévision finiront un jour par s’intéresser à cette énorme compétition qui garde encore la simplicité que les JO n’ont plus depuis un moment déjà ?

Le judo, la voie de la souplesse

Vendredi 3 août, Teddy Riner est devenu champion olympique de judo chez les plus de 100 kgs. Sans doute la médaille la plus attendue pour le France, tellement ce jeune homme de 23 ans domine sa discipline. Avec ses 2,04 m et ses 138 kgs, il avait déjà tout gagné, à plusieurs reprises. Seul l’or olympique lui manquait puisqu’il avait échoué en 2008 à Pékin à seulement 19 ans. Il en était tout de même reparti avec le bronze mais, vexé par ce métal moins noble, il avait passé 4 ans à se préparer pour cette journée du 3 août. Mission désormais accomplie.

Digne successeur de David Douillet qui, avant de se lancer en politique, fut double champion olympique chez les poids lourds à Atlanta en 1996 et à Sydney en 2000, Teddy Riner devra, pour le dépasser, remporter un nouveau titre olympique dans 4 ans à Rio. Il n’aura alors que 27 ans. Tous les espoirs sont permis.

Si les judokas français et, plus largement, occidentaux, brillent dans la discipline depuis un moment déjà, le judo a d’abord été la chasse gardée du Japon. Pourtant, dès son introduction aux JO de Tokyo en 1964 (le pays organisateur pouvant choisir d’introduire un nouveau sport durant ses Jeux), l’une des 4 médailles d’or attribuées, celle de la catégorie open (toutes catégories), fut gagnée par le Néerlandais Anton Geesink. Un choc pour le public japonais qui ne s’attendait pas à se voir battre dans son sport.

Le judo est né en 1882 au Japon. C’est un art martial, un sport de combat et un art de vivre. Ju-do signifie « la voie de la souplesse ». Son fondateur, Jigoro Kano, n’avait que 22 ans lorsqu’il a imaginé le premier art martial moderne qu’il a créé dans le but d’éduquer le corps et l’esprit. Son objectif était d’aller au-delà du ju-jitsu, qui était issu de techniques de samouraïs pour se battre désarmé et dont le but fondamental était de mettre l’adversaire hors d’état de nuire. La légende veut que l’idée soit venue à Kano en observant les cerisiers et les roseaux en hiver. Les branches dures des cerisiers se cassaient sous la neige alors que les roseaux se débarrassaient en se pliant de cet ennemi blanc. Le concept éducatif était là : tel le roseau, l’homme souple peut vaincre l’homme fort.

Le judo est aujourd’hui un sport universel et les Japonais ne sont plus seuls au monde depuis bien longtemps aux JO. Mais le record suprême est toujours la propriété du pays du soleil levant puisque le seul triple champion olympique de judo est japonais : Tadahiro Nomura a gagné les Jeux en 1996, 2000 et 2004 chez les super légers. Et le Japon reste encore aujourd’hui la grande nation du judo avec 35 médailles d’or dans les Jeux olympiques. La France, 2ème au tableau des médailles, n’en a que 10. La route est encore longue avant de dépasser les inventeurs du judo.

Bien plus qu’un sport, le judo est un principe de vie aux valeurs morales essentielles. Kano reçut d’ailleurs après sa mort une ceinture symbolique. Une large bande blanche, couleur des débutants, pour ne jamais oublier qu’on n’a jamais tout appris… Sayonara !

Et pour quelques dollars de plus… ils achetèrent les Jeux

Les Jeux olympiques ont des sponsors officiels qui déboursent des sommes folles pour associer leur marque à l’événement sportif le plus célèbre du monde. Pour ces JO, ils sont 11 à débourser un total de quasiment un milliard de dollars pour faire partie du saint des saints, le fameux programme TOP : Visa, Coca-Cola, Acer, Atos, Dow, GE, McDonald’s, Omega, Panasonic, P&G et Samsung.

Une petite anecdote lors de mon récent séjour aux JO à Londres. J’ai voulu acheter quelques T-shirts dans une boutique olympique. Au moment de payer, je dégaine ma MasterCard et la vendeuse me dit que « Malheureusement, seule la carte Visa est acceptée dans la boutique ». Après un premier moment d’incompréhension, je demande comment je peux payer si je n’ai qu’une MasterCard. Elle me répond qu’il va donc falloir que j’aille tirer de l’argent d’un distributeur de billets. Cette fois, j’ai eu de la chance, la solution a été rapidement trouvée car l’amie qui m’accompagnait avait une Visa et a bien voulu m’avancer l’argent. Mais si vous êtes à l’intérieur de l’un des sites olympiques, que vous n’avez plus de livres sterling sur vous et que vous n’êtes pas l’heureux détenteur d’une carte Visa, vous allez devoir attendre d’être sorti pour recommencer à manger et à boire. Peut-être que la faim et la soif vous donneront envie de remplacer votre carte actuelle par une Visa ?

Si Visa règne en maître des cartes sur ces Jeux, Coca Cola fait de même du côté des boissons non alcoolisées et ce, depuis 1928. Il y a d’ailleurs un privilège de taille pour ce partenaire historique : alors que les autres marques sont présentées par ordre alphabétique, Coca-Cola apparaît toujours en premier dans la liste des sponsors olympiques. Sebastian Coe, grand manitou de ces JO de Londres, avait d’ailleurs avoué dans une interview à la BBC qu’un spectateur portant un T-shirt Pepsi ne pourrait a priori pas entrer sur les sites olympiques. Il avait été moins lapidaire sur les Nike (concurrent d’Adidas, autre sponsor officiel), admettant qu’il ne serait pas possible de vérifier les baskets des spectateurs… Le Comité d’organisation a ensuite rectifié les propos de Coe et insisté sur le fait que les spectateurs seraient libres de porter ce qu’ils veulent mais l’information avait déjà été relayée dans le monde entier. Pas terrible pour l’esprit universel voulu par Pierre de Coubertin…

Parmi les grands sponsors, s’il est une marque qui apparaît comme réellement déplacée durant cet événement sportif, c’est bien le chimiste américain Dow Chemical. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce nom, il s’agit d’une société américaine qui a fabriqué le fameux agent orange employé par les Américains durant la guerre du Vietnam et qui a racheté et laissé à l’abandon l’usine de Bhopal, site de la terrible catastrophe industrielle de 1984 en Inde. Dow Chemical a également été élue « deuxième entreprise la plus polluante pour ses émissions de substances toxiques ». Où est le rapport avec l’olympisme dans tout ça ?

Pour finir sur une touche positive, vous avez peut-être déjà vu cette très belle vidéo d’un tout nouveau et grand sponsor des Jeux, Procter & Gamble. Une publicité d’un des géants de l’agroalimentaire mais une publicité magnifique tout de même. Comme quoi, tout n’est pas à jeter !

La vidéo «Le plus beau métier»