Le livre arrive le 4 mai !

Chers lecteurs,
C’est avec une joie non dissimulée que nous vous annonçons la sortie prochaine de notre livre « Les Jeux olympiques en anecdotes et dessins » aux éditions Aux Forges de Vulcain !
Nous avons sélectionné les meilleurs articles et dessins olympiques et paralympiques du blog remis au goût du jour.

Pour les amoureux du sport mais encore plus pour les curieux, fans de dessin, d’actualité et d’anecdotes.
Vous pouvez d’ores et déjà pré-commander votre exemplaire ici :
A très bientôt en librairies !
Marielle et Sara
Couverture livre

La couverture du livre « Les Jeux olympiques en anecdotes et dessins » – éditions Aux Forges de Vulcain

 

 

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La Chine, Coldplay et Rihanna : les Jeux paralympiques se terminent avec faste et enthousiasme

Malgré une grande modestie – feinte ou réelle – avant le début de la compétition, la Chine n’a finalement laissé aucune chance aux autres nations : l’Empire du Milieu a totalement écrasé ces Jeux paralympiques, après avoir déjà montré sa supériorité intégrale chez elle à Pékin en 2008. Elle a même fait mieux qu’à domicile. La Chine a remporté 95 médailles d’or soit 59 de plus que la Russie, qui se classe pourtant deuxième ! Elle n’en avait gagné « que » 89 à Pékin. Au total, en 2012, elle a gagné 231 médailles soit 20 de plus que quatre ans plus tôt. C’est tout simplement phénoménal. Pourtant, les officiels chinois avaient bien tenté de calmer les attentes du public avant que les Jeux ne commencent. Avec une cinquantaine d’athlètes de moins qu’à Pékin, une participation à seulement 16 sports sur 20 (à Pékin, le pays hôte était qualifié d’office) et la moitié de la délégation n’ayant jamais encore participé aux Jeux paralympiques, il est vrai que la Chine partait avec moins d’avantages que lors de l’édition précédente. L’objectif officiel était d’être dans le top 3 final.

Comment alors expliquer cette domination sans appel ? Outre une motivation extrême, il faut déjà comprendre que le système mis en place pour les Jeux paralympiques de Pékin a continué à bien fonctionner après 2008. Ainsi, plus de la moitié des sportifs paralympiques chinois s’entraînent toujours au même endroit à Pékin dans ce qui est le plus grand centre d’entraînement pour sportifs handicapés du monde. Et la démarche handisport des Chinois date d’il y a un peu plus de 25 ans, lorsqu’ils ont commencé à participer aux Jeux paralympiques. Les handicapés sont clairement encouragés à faire du sport. Et le fait que 50 heures de programme paralympique soient retransmises par la télévision en Chine cette année n’est pas anodin. On sait que quand la Chine s’intéresse à un sujet, elle ne le fait jamais en dilettante.

Et, à part la Chine, que retenir de ces Jeux paralympiques ? Tellement de choses ! Les médias ont été dithyrambiques sur l’organisation de ces Jeux et ils ont eu raison. Londres 2012 sera peut-être vue dans quelques années comme le tournant du handisport. Avec plus de 2,7 millions de billets vendus, des stades remplis de supporters, une cérémonie de clôture splendide avec notamment Coldplay, Jay-Z et Rihanna, des compétitions haletantes et des champions enfin valorisés, les Jeux paralympiques 2012 auront été une fête superbe, qui n’a rien à envier aux Jeux olympiques. Evidemment, la médiatisation est toujours beaucoup plus faible. Evidemment, on a encore un peu de mal à connaître les visages et les noms des sportifs. Evidemment, les catégories de handicap sont encore un peu obscures pour les profanes. Mais on a déjà tellement progressé. On a découvert des sports, on s’est passionné pour des athlètes ou des équipes. En bref, on a vibré.

Qui dit fin des Jeux paralympiques dit petites vacances pour le blog. Nous allons prendre quelques jours pour nous remettre de nos émotions mais ce n’est qu’un au revoir. Nous avons bien l’intention de continuer à vous raconter nos anecdotes illustrées sur le sport. Depuis le 24 juillet, nous avons publié une trentaine d’articles et reçu plus de 6800 visites. Beaucoup de Français, pas mal de Belges, des Allemands et des Britanniques. Mais pas seulement ! Du Burkina Faso à l’Argentine en passant par Haïti et le Japon, nous sommes très fières d’avoir été lues dans près de 70 pays dans le monde. Merci à tous !

Les JO étaient la meilleure des excuses pour se lancer dans l’aventure du blog. Quant aux Jeux paralympiques, ils ont été une vraie révélation pour nous. Et nous allons continuer avec d’autres grands événements sportifs. D’ici la fin de l’année, nous pensons notamment déjà à un sport qui se joue avec des raquettes et une balle jaune… À bientôt sur Onion Rings !

Quand la prothèse devient œuvre d’art

Vous l’avez peut-être remarquée. Certainement, même. Si vous avez regardé l’athlétisme aux Jeux paralympiques, vous ne pouvez pas avoir manqué « Golden Vespa ». Derrière ce nom digne d’un personnage de « Kill Bill » se cache, en fait, la prothèse pour l’avant-bras gauche d’Arnaud Assoumani (double médaillé d’argent français à Londres en longueur et triple saut). Ce frelon jaune et noir qui révolutionne l’univers habituellement très classique des prothèses est né grâce à un concours lancé par l’athlète. Il a demandé à des designers de lui créer une nouvelle prothèse sur le thème des super héros. C’est Thomas Hourdain qui a remporté le concours avec une idée simple et belle : tel un Spiderman des stades d’athlétisme, Arnaud aurait été piqué par un frelon, qui lui aurait donné des super pouvoirs lui permettant de devenir un super sportif. Une jolie façon de changer le regard porté sur les prothèses.

Un but également partagé par une Australienne du nom de Jessica Sutton. Cette jeune femme de 33 ans, porteuse d’une prothèse à la jambe droite, a demandé à des artistes amputés de « twister » des prothèses usagées pour en faire des œuvres d’art. Le résultat, vraiment étonnant, était exposé à Londres jusqu’à la fin des Jeux paralympiques. L’exposition s’appelait « Spare parts » (pièces de rechange).

Si ce genre d’initiatives aide à briser un tabou dans les pays occidentaux, il ne faut pas oublier qu’il y a de nombreux pays dans le monde où posséder une prothèse, même vieille, même moche, est un luxe absolu. En Afghanistan, par exemple. Sur le million d’handicapés du pays, beaucoup n’ont pas accès aux prothèses ou aux chaises roulantes dont ils auraient besoin. Le seul sportif handisport afghan présent à Londres s’appelle Mohamed Rahimi. Il a perdu une partie de sa jambe droite à l’âge de douze ans en sautant sur une mine antipersonnel russe sur le chemin de Kaboul. C’est avec une prothèse en plastique donnée par la Croix-Rouge, pas tout à fait à sa taille, qu’il marche. Mais il fait partie des chanceux. Il a une prothèse et il arrive même à s’entraîner en haltérophilie. Pas sur du matériel homologué, certes. Mais c’est déjà ça.

Alors, évidemment, on est loin des expositions de prothèses artistiques et des bras bioniques mais tous ces combats sont finalement les mêmes. Ils en sont juste à des stades différents. Qu’il s’agisse de l’accès de tous aux prothèses ou de l’acceptation voire de l’admiration de ces prothèses par les valides, les Jeux paralympiques sont une tribune mondiale pour les sportifs et les artistes afin de faire parler du handicap. Vivement le jour où les athlètes afghans auront aussi des bras bioniques !

C’est un aveugle et un paraplégique qui entrent dans un bar…

Si les médias suivent pour la première fois d’assez près les Jeux paralympiques, cela n’empêche pas les dérapages, les gaffes et les moments de solitude. Loin de là ! Très désobligeantes ou assez inoffensives, voici un petit florilège de gaffes célèbres.

On se souviendra longtemps de Barack Obama sur le plateau de Jay Leno en 2009. Il y avait fait une blague totalement douteuse sur son niveau médiocre au bowling en précisant qu’il était « comme aux Jeux paralympiques ». Dès la fin de l’enregistrement de l’émission, c’était branle-bas de combat pour son équipe, qui a immédiatement compris l’importance de la gaffe et a donc tout fait pour désamorcer la situation. Après des excuses via ses porte-paroles et en personne par téléphone au président des Jeux olympiques spéciaux (regroupant les déficients intellectuels), le président américain a même invité des athlètes handicapés à la Maison Blanche pour une partie de bowling.

Il y a quelques jours, Patrick Montel, journaliste sportif de France Télévisions, s’est certainement senti seul au monde après avoir interviewé la judokate malvoyante Sandrine Martinet. Pour aborder le sujet de la blessure à la cheville de la sportive, il a tenté un malheureux « Vous êtes maintenant, en plus d’être malvoyante, condamnée à être sur un fauteuil »… Une phrase qui se voulait compatissante et qui a été perçue comme totalement inappropriée. Par la sportive elle-même (il suffit de regarder sa tête durant l’interview) et par les médias et les internautes qui se sont très vite amusés à relayer la bourde montelienne.

« Le Petit Journal » de Yann Barthès sur Canal+ en a d’ailleurs profité pour recenser quelques expressions malheureuses des commentateurs durant ces Jeux paralympiques. Il faut dire que la langue française est particulièrement imagée… Des Chinoises sur chaise roulante qui démarrent sur les « chapeaux de roues », un des joueurs aveugles de l’équipe de cécifoot qui est présenté comme « le plus en vue » ou encore un tournoi de volley assis qui est « très relevé ». Drôle et maladroit mais pas bien méchant.

Heureusement, l’indélicatesse n’est pas uniquement réservée aux sportifs handicapés. À force de multiplier les longs directs et de devoir capter perpétuellement l’attention d’un public potentiellement volatil, c’est même devenu totalement universel chez les journalistes de télévision. Aux JO à Londres au début du mois d’août, Nelson Monfort avait, par exemple, remué le couteau dans la plaie d’une nageuse française, qui avait perdu sa mère quelque temps plus tôt, en insistant lourdement sur le fait qu’elle lui dédiait certainement sa médaille. Malaise.

À force de chercher le bon mot ou à faire naître par tous les moyens l’émotion, les personnalités publiques dépassent parfois les limites. Pour notre plus grande hilarité, souvent. Pour notre plus grande consternation, parfois.

L’équipe de France paralympique, objectif 10-52-16

Derrière ce titre a priori crypté, il y a en fait simplement le triple objectif fixé à la délégation paralympique tricolore pour Londres : réintégrer le Top 10, obtenir 52 médailles dont 16 en or. Précis et ambitieux, comme tout objectif qui se respecte.

Avant le début des épreuves, la France a les moyens d’atteindre ce triple but. Elle a des chances très objectives dans les sports qui sont ses traditionnels pourvoyeurs de médailles paralympiques (athlétisme, tennis de table ou encore judo) mais elle compte également sur de grands espoirs comme le cécifoot ou l’haltérophilie. Sa délégation de 154 athlètes, accompagnée de guides, de pilotes, d’un barreur et de gardiens voyants, est arrivée en force en Eurostar à Londres dans un Eurostar spécialement réaménagé. Elle participe à 16 sports sur 20 : tous les sports sauf le goalball, la boccia, le volleyball assis, le football à 7 (et le basketball fauteuil masculin). Ultra motivée, l’équipe de France veut faire mieux que les valides, qui étaient repartis de Londres il y a quelques semaines avec 34 médailles dont 11 en or. A part pour le classement des médailles (la France a terminé 7e des JO mais cela paraît impensable pour les Paralympiques), les sportifs handicapés veulent frapper un plus grand coup.

A l’heure où j’écris cet article, ce jeudi 6 septembre, la France est 10e du classement avec un total de 34 médailles dont 8 en or. Elle a donc, au moins temporairement, retrouvé le Top 10 qu’elle avait quitté à Pékin en 2008. Il reste encore quelques jours avant la clôture dimanche mais il faudrait vraiment que la France termine ces Jeux en apothéose pour réussir à doubler le nombre de ses médailles d’or.

En attendant la fin des épreuves et pour motiver les troupes encore en lice, voici déjà quelques moments-clés des Français à Londres après une semaine de Jeux.

Comme rien ne se passe jamais comme prévu en sport, le grand favori Arnaud Assoumani n’a fini que deuxième du saut en longueur en catégorie F46 (athlètes amputés au niveau des membres supérieurs). Il ne voulait que l’or. Terrible déception. Deux jours plus tôt, il avait déjà gagné l’argent, en triple saut, cette fois. Il n’est pas spécialiste de la discipline. Heureuse surprise. Deux médailles d’argent aux goûts très différents pour le jeune athlète, qui étudie à Sciences Po.

Assia El Hannouni, elle, a déjà marqué à plusieurs reprises l’histoire des Jeux paralympiques. Mardi soir, l’athlète malvoyante a conservé son titre sur 400m T12, après Pékin et Athènes. Elle qui avait arrêté sa carrière pendant deux ans après les JO 2008 est revenue avec la soif de gagner et de rajouter quelques lignes supplémentaires à un palmarès déjà ébouriffant. Triple tenante du titre, 7e médaille d’or et 9e médaille tout court aux Jeux paralympiques, c’était déjà mieux qu’Usain Bolt. Et, pour que la légende soit absolument complète, elle vient de gagner ce soir la finale du 200m. Record du monde, nouveau triple titre olympique. Elle est désormais double triple championne paralympique. Rien que ça. Ranger les crampons avec 10 médailles paralympiques, ça valait vraiment la peine de revenir. Et, en attendant une possible reconversion dans le milieu du handisport, Assia a savouré son dernier tour d’honneur ainsi que sa dernière Marseillaise. La huitième !

Esther Vergeer, l’invincible du tennis

Est-ce que Roger Federer est le plus grand joueur de tous les temps ? Est-ce que les records de Steffi Graf seront un jour battus ? Et si je vous disais que vous ne connaissez sans doute pas le plus beau palmarès du tennis ?

Il appartient à une Néerlandaise de 31 ans nommée Esther Vergeer et vous ne la connaissez a priori pas car elle joue assise sur une chaise roulante. Paraplégique depuis l’âge de huit ans après une opération, elle a d’abord commencé par le basket sur chaise roulante. Et elle n’était pas mauvaise puisqu’elle faisait tout de même partie de l’équipe néerlandaise championne d’Europe en 1997. Mais en 1998, elle a décidé de s’adonner à plein temps au tennis, sport qu’elle pratiquait déjà en parallèle du basket. Et là, c’est l’explosion. Elle gagne l’US Open dès 1998. Elle remporte aussi les Jeux paralympiques en 2000 à Sydney… sans perdre un seul set.

Parmi la multitude de records détenus par Esther Vergeer, il y a le plus hallucinant de tous : elle n’a plus perdu un match en simple depuis janvier 2003. Cela fait à ce jour 468 matches sans défaite. Pour vous faire une idée du caractère extraordinaire de ces chiffres, sachez que, chez les valides, le record est détenu par Martina Navratilova avec… 74 victoires d’affilée. Cela semble presque un peu ridicule en comparaison. Tous sports confondus, seul le Pakistanais Jahangir Khan a fait mieux que Vergeer en remportant 555 matches d’affilée en squash entre 1981 et 1986.

Je vous épargnerai les autres records de Vergeer. Retenez juste qu’elle est évidemment triple médaillée d’or en simple aux Jeux paralympiques et qu’elle voudra absolument gagner un quatrième titre à Londres. Côté double, elle n’a gagné « que » deux titres (2000 et 2004) puisqu’elle a perdu en finale en 2008 à Pékin. Affront qu’elle voudra certainement laver cette année. S’il est pratiquement certain que l’hymne néerlandais retentira après ces finales tant les joueuses néerlandaises dominent le tennis handisport, il faudra tout de même qu’elle batte ses compatriotes. Pour l’instant, tout roule pour Vergeer, qui n’a perdu qu’un seul jeu en simple en 3 matches !

Celle qui a été la première sportive handicapée à poser nue pour le fameux « Body issue » de « ESPN Magazine » a quelques matches devant elle pour compléter encore sa légende. Et puis viendra le moment du choix, si elle sort invaincue en simple de ces Jeux paralympiques : va-t-elle continuer pour aller chercher le record de Jahangir Khan ou décidera-t-elle de ranger sa raquette pour se consacrer pleinement au développement des athlètes handicapés via sa fondation et ses activités en marketing sportif ?

Tricher n’est pas jouer

Si vos faites partie de ces gens qui pensent qu’on ne triche que quand on est valide, sachez que ce cliché – comme beaucoup d’autres, en ce qui concerne le handisport – est faux. Les handicapés trichent aussi et de façon parfois très créative.

Il y a évidemment la méthode classique, partagée par tous les sportifs quelle que soit leur condition physique : le dopage. Un cycliste italien a ainsi été interdit de participer aux Jeux paralympiques cette année parce qu’il avait consulté un médecin connu pour ses prescriptions illégales. Un nageur français a, lui, été contrôlé positif à un diurétique et également exclu. Les agences antidopage surveillent les athlètes handicapés, même si les contrôles sont tout de même moins réguliers.

Il y a, ensuite, deux méthodes propres aux handicapés. La première : réussir à faire croire que vous êtes handicapé alors que vous ne l’êtes pas et ce, malgré les contrôles. Nous avons déjà évoqué le cas de l’équipe espagnole de basket pour handicapés mentaux, vainqueur de la finale, qui avait été exclue en 2000 quand on a découvert que dix joueurs de l’équipe ne répondaient pas aux critères requis de handicap pour participer à la compétition. Ils n’avaient tout simplement pas passé les tests de QI. Ce scandale avait permis de remettre en question les contrôles pour tous les handisports avec des handicapés mentaux. Autre mensonge célèbre : une skieuse de fond russe avait levé les bras en voyant son nom apparaître en premier sur le tableau d’affichage aux Jeux paralympiques d’hiver de Turin en 2006. Le souci était qu’elle était censée être aveugle… Autre cas d’usurpation de handicap : une cycliste handisport néerlandaise, Monique van der Vorst, double médaillée à Pékin, a dû reconnaître qu’elle n’avait pas guéri miraculeusement en 2010 mais qu’elle avait toujours pu marcher, malgré treize années passées sur une chaise roulante…

La seconde technique de tricherie spécifiquement utilisée par les sportifs handicapés est le « boosting ». Cette méthode, qui veut dire « stimulation » en anglais, est interdite depuis 1994. Elle consiste à se faire mal pour faire grimper la pression artérielle et le rythme cardiaque. Pourquoi ? Parce que la pression artérielle des personnes touchées à la moelle épinière est souvent basse et qu’elle n’augmente pas avec l’effort. Or, la pression sanguine et le rythme cardiaque jouent un rôle important dans la performance physique. Certains sportifs vont donc chercher à se stimuler violemment pour améliorer leurs performances (jusqu’à 15%, paraît-il). Se faire mal comment ? Cela va de se retenir d’aller aux toilettes jusqu’à se casser un orteil ou se tordre les testicules. D’après les sportifs ayant testé la méthode, cela fonctionne réellement. Ils ont ainsi pu porter des poids plus lourds ou avoir plus d’endurance à vélo. Mais l’accident (vasculaire cérébral, par exemple) n’est jamais loin. Et, malgré les contrôles, il semblerait qu’il faille attendre un drame pour faire comprendre à tous les risques encourus. Ce qui n’a évidemment jamais empêché personne de tricher…

Guerre et sport : quand la tragédie mène à l’exploit sportif

Derrière chaque sportif paralympique se cache une histoire. Certains sont nés avec un handicap ou en ont été atteints très jeunes. Pour d’autres, c’est un événement qui a fait basculer leur vie. Un accident, un attentat ou une guerre. Et c’est souvent grâce au sport qu’ils ont retrouvé le goût de vivre, le goût de se dépasser. Voici quelques portraits de survivants rwandais, iraniens et britanniques.

Nous avons déjà parlé de Martine Wright. Cette Britannique, qui a aujourd’hui 40 ans, s’était levée un peu tard ce 7 juillet 2005. Et pour cause : elle avait fêté avec ses amis l’attribution des JO 2012 à Londres. Soirée bien arrosée. Réveil tardif. Elle prend donc le train suivant. Et se retrouve dans le wagon de l’un des terroristes. Dix jours de coma, dix mois d’hospitalisation, deux jambes perdues. Martine Wright se met au sport. Et, après plusieurs tentatives, c’est finalement le volleyball assis qui lui plaît. Elle est aujourd’hui membre de l’équipe britannique paralympique.

L’histoire de Derek Derenalagi est tout aussi bouleversante. Ce soldat, britannique d’origine fidjienne, part combattre en Afghanistan. En 2007, il saute sur une mine. On le croit mort et il est même placé dans un sac mortuaire. Au dernier moment, un infirmier comprend qu’il est toujours vivant, malgré son pouls très faible. Amputé des deux jambes et alité, il suit les JO de Pékin avec passion. Il n’a plus qu’un seul objectif en ligne de mire : les Jeux paralympiques de 2012 à Londres. Il est aujourd’hui champion d’Europe de lancer du disque.

La délégation rwandaise, elle, est un des symboles de la paix retrouvée d’un pays où Hutus et Tutsis participent désormais ensemble aux compétitions alors qu’un génocide y faisait rage en 1994. Plusieurs sportifs paralympiques gardent dans leur chair les traces de cette haine passée. Au sein de l’équipe de volley, par exemple, où Jean le Hutu a perdu une jambe en sautant sur une mine et son ami Dominique le Tutsi a perdu sa jambe gauche en combattant pour le Front Patriotique Rwandais. Ils sont tous les deux présents à Londres pour défendre leur drapeau.

Toujours à propos du volleyball, la nation qui domine la discipline chez les hommes depuis une vingtaine d’années est l’Iran. Systématiquement médaillée d’or depuis sa première participation aux Jeux paralympiques en 1988 (sauf à Athènes en 2004 où elle ne gagna que l’argent), l’équipe iranienne est le Brésil ou le Barça du volleyball assis. L’une des raisons en est que de nombreux vétérans blessés de la guerre Iran-Irak (1980-1988), qui a laissé 400 000 jeunes hommes handicapés, se sont tournés vers le volley à leur retour du front, jusqu’à en faire le handisport-roi en Iran. Si les membres de l’actuelle équipe de volleyball suivent cette tradition d’excellence mais n’ont pas été personnellement sur le front (ils ont tous entre 24 et 39 ans), le porte-drapeau de la délégation, le lanceur de javelot et de disque Abdolreza Jokar, lui, a fait la guerre. Il en est revenu sur chaise roulante. À 42 ans, il a déjà gagné quatre médailles paralympiques dans sa carrière.

64 ans après les premiers Jeux de Stoke Mandeville, les Jeux paralympiques de Londres n’ont visiblement rien perdu de leur rôle de réhabilitation par le sport. À demain pour un sujet qui n’a rien à voir : la triche aux Jeux paralympiques. Et vous verrez que c’est très différent des JO !

The Blade Runner is back. Et il n’est pas seul…

Impossible de parler des Jeux paralympiques et de ne pas mentionner sa plus grande star, la seule connue mondialement, en fait : Oscar Pistorius. Nous avions déjà dressé un court portrait de l’homme aux jambes de lames lors des JO puisqu’il était le premier athlète doublement amputé à participer aux Jeux des « valides ». Star chez les autres par sa différence, il est star chez les siens parce qu’il est un immense champion. Le jeune homme, élu  » homme le mieux habillé  » d’Afrique du Sud en 2011 par le magazine « GQ », a gagné l’or en 100m, 200m et 400m à Pékin en 2008 !

Et la finale du 100m des Jeux paralympiques le 6 septembre sera bien, comme pour les JO, le moment à ne pas rater. Pour Pistorius, bien sûr, mais pas uniquement. Le Sud-Africain n’est d’ailleurs pas le recordman du monde de la distance. C’est un Britannique de 19 ans, Jonnie Peacock, qui en est l’heureux détenteur depuis le mois de juin avec un temps de 10’85 ». Et qui dit Britannique à Londres dit forcément motivation maximum et soutien hystérique de tout le public. La finale risque même d’être totalement électrique puisque les finalistes seraient tous capables de passer sous les 11′, la barre de référence.

Pistorius est un privilégié parmi les athlètes handicapés. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser en ne voyant que l’exemple du bel Oscar, la plupart des coureurs amputés ne bénéficient pas de telles prothèses. Ils sont donc un certain nombre à envier Pistorius, qui se fatiguerait moins vite qu’eux, disent-ils. Éternelle source de polémiques, ses lames ont fait sa gloire et jeté une lumière nécessaire sur tout le handisport. Une lumière qui devrait servir à faire naître d’autres idoles, à faire connaître d’autres champions.

Chez les Britanniques, il y a déjà Martine Wright, qui a perdu ses jambes dans les attentats de Londres en 2005, s’est mise au handisport et fait désormais partie de l’équipe de volley-ball assis. Une fierté nationale. Un Pistorius et une Wright, c’est bien, mais le handisport a besoin de beaucoup plus de stars internationales pour continuer à faire parler de lui après ces quelques jours de ferveur à Londres.

Quelles sont les nations reines des Jeux paralympiques ?

Est-ce que les Etats-Unis et la Chine dominent autant les Jeux paralympiques que les JO ? La réponse n’est pas simple. La Chine domine effectivement les compétitions depuis deux éditions (Athènes 2004 et Pékin 2008) alors qu’elle n’était que 6e à Sydney en 2000, 9e à Atlanta en 1996 et 13e à Barcelone en 1992. La progression chinoise a donc été constante jusqu’à son apogée depuis huit ans. Il faudra voir si cela se poursuit cette année à Londres, après la motivation extrême pour Pékin. Pour les Américains, les résultats sont mitigés. Ils ont été 3e à Pékin en 2008, 4e en 2004 et 5e en 2000. Un classement vraiment moyen alors qu’ils avaient été premiers chez eux à Atlanta en 1996, à Barcelone en 1992 ou encore à Séoul en 1988. Si la Chine n’a que récemment pris la tête des nations paralympiques et si les Etats-Unis semblent sur le déclin, quels sont alors les autres grands pays à concourir ?

Parmi eux, plusieurs pays européens. Les Britanniques, tout d’abord. Grande nation paralympique s’il en est. Toujours classés 2e ou 3e des Jeux paralympiques, ils auront à cœur de faire au moins aussi bien dans leur jardin à Londres ! Il y a l’Ukraine, ensuite, qui s’est classée 4e en 2008 à Pékin et 6e à Athènes. Une jolie apparition dans le haut du classement quand on sait que le pays tournait plutôt autour de la 40e place auparavant. Viennent ensuite quelques pays du Commonwealth. On a déjà mentionné le Royaume-Uni mais l’Australie (5e à Pékin), l’Afrique du Sud (6e) et le Canada (7e) ne sont pas en reste.

Pour terminer, faisons un petit pari. Un pays auquel il faudra sans doute faire attention cette année devrait être le Brésil. Sa progression actuelle est certes intéressante (24e en 2000, 14e en 2004 et 9e en 2008) mais elle ne suffit pas à l’imaginer entrer dans le groupe de tête. C’est en tant que futur organisateur des Jeux paralympiques en 2016, pour lesquels il tentera forcément de réaliser un joli coup, qu’il devrait être dangereux dès à présent. Un coup d’éclat avant l’apothéose à Rio ? Rendez-vous le 9 septembre pour savoir si les athlètes paralympiques brésiliens étaient au rendez-vous !